Œuvre d’anticipation aussi intelligente qu’inquiétante, Des Milliards de miroirs de Robin Cousin nous place aux côtés d’une humanité face à son dernier espoir de survie. Aux éditions Flblb.

Le Chercheur fantôme et Le Profil de Jean Melville, Robin Cousin réalise un nouvel album questionnant notre rapport au progrès et à la science à travers toutes ses possibilités et ses excès. Dans Des Milliards de miroirs, la Terre se meurt : nous sommes au tournant du troisième millénaire et la pénurie d’eau potable, la disparition des animaux et la pollution atmosphérique ont atteint des proportions catastrophiques ; rien ne semble plus pouvoir inverser la tendance. D’innombrables miroirs ont été placés en orbite pour nous permettre d’observer des planètes habitables, et une jeune chercheuse repère des signes de vie extra-terrestre sur lesquels tous les espoirs et toutes les craintes se focalisent. Une secte attendant le retour de ceux qu’elle nomme les Céphéens, un blogueur complotiste, un scientifique chargé de la conservation des derniers animaux et les institutions internationales s’interrogent sur l’attitude à adopter.

Réflexion sur notre comportement et notre responsabilité face au désastre, Des Milliards de miroirs croise fable sociologique et thriller scientifique sans que l’auteur n’en fasse des tonnes en matière d’imagerie catastrophiste, ce qui ajoute au réalisme de son scénario et à la crédibilité des personnages : point de héros ou d’organisations maléfiques, juste des humains avec leurs certitudes et surtout leurs doutes, coincés dans un système qui court à sa perte. Alors que la race humaine a depuis longtemps mis de côté tous les comportements rationnels à adopter face à ses erreurs, gourous et aliens constituent notre dernier espoir. A travers ce scénario, Robin Cousin nous en dit long sur notre psychologie de super-prédateurs irrationnels, aussi inconscients que déterminés à survivre.