MOSELLE : GARE À TRIBORD…

133 binômes paritaires se présentent dans les 27 nouveaux cantons de Moselle. Si Patrick Weiten, l’actuel président UDI du Conseil Général de la Moselle, ne semble pas se soucier de la gauche, c’est à sa droite que pourraient surgir les bourrasques dans un contexte où la tentation du FN est prégnante.

conseil-général-de-la-moselle (© DR)Patrick Weiten, qui avait lui-même vivement critiqué le nouveau découpage des cantons mosellans opéré l’année passée, a la ferme intention de demeurer à la tête du Conseil Général. Personne ne semble d’ailleurs en mesure de l’en déloger pour l’heure et alors que la majorité actuelle compte 32 élus sur 51. La gauche mosellane étant historiquement minoritaire, la défiance vis-à-vis du gouvernement particulièrement tenace, et les Verts étant peu disposés à faire listes communes, on peut soupçonner sans prendre de grands risques que le danger ne saurait poindre, pour lui de ce côté-ci. Et cela d’autant plus que les socialistes ont peiné à rassembler sous leur bannière des candidats, bien que Jean-Pierre Liouville, premier secrétaire fédéral de Moselle assure du contraire, et que deux élus socialistes sont déjà sortis du jeu : Aurélie Filippetti et la Thionvilloise Isabelle Rauch, passée à l’UDI.
Si toutefois le président Patrick Weiten devait s’inquiéter – car en politique il ne faut jurer de rien – c’est du taux d’abstention et du score indexé du FN que pourraient poindre les ennuis. Comme lors des dernières municipales, les frontistes étaient en ordre de marche bien avant les échéances, et là où le bât blesse, c’est que les candidats bleu marine ont réussi le tour de force de présenter des listes dans l’intégralité des nouveaux cantons mosellans. Comme régulièrement dans ce parti d’extrême droite, les candidats en lice sont le plus souvent des « parachutés », et le mode de scrutin des départementales, ici majoritaire à deux tours, pourrait provoquer quelques (encore) solides réflexes républicains. Nul doute donc qu’entre les deux tours, si le FN venait à faire trop de bruit, nombreux seraient les candidats malheureux à appeler à voter pour les partis plus recentrés. Une voie royale pour la continuité, en somme, si toutefois la recette du barrage au FN fonctionne encore…


MEURTHE-ET-MOSELLE : KLEIN CROIT AU FAIR-PLAY RÉPUBLICAIN

Mathieu-Klein (© DR)Quatre-vingt-dix-huit binômes de candidats se présentent dans les 23 nouveaux cantons en Meurthe-et-Moselle. La gauche sortante, présidée par Mathieu Klein après le tragique décès de son mentor et prédécesseur Michel Dinet, dispose d’une majorité confortable avec 29 sièges sur 44. Mais vu l’impopularité de la majorité gouvernementale, la droite départementale peut nourrir quelque espoir de reconquête, cela d’autant plus que le FN pourrait faire son jeu…
Car c’est une vague bleue qui est annoncée, notamment par le politologue et directeur du Centre européen universitaire de Nancy Étienne Criqui, qui estime que les duels incluant le FN au sortir du premier tour seront nombreux dans le département et notamment dans le Nord, où les derniers scores du parti aux élections européennes laissent présager bien des choses. En outre, les candidats bleu marine sont également présents dans presque tous les cantons.
Les mots du chef de file de la majorité socialiste, Mathieu Klein, à nos confrères de l’Est Républicain en disent d’ailleurs long sur la confiance des socialistes quant à l’issue du scrutin : « En cas de duel UMP-FN, je voterai UMP. J’ai voté Chirac en 2002, je le referai aujourd’hui. Je suis confiant sur le fait que la très très grande majorité des responsables politiques et des élus sont très clairs et ne confondent pas un parti républicain et un parti qui ne l’est pas. J’espère que la même attitude prévaudra à droite. » Nombreux sont les élus, tous bords confondus, à lui avoir emboîté le pas. Seule Nadine Morano a invité les électeurs à voter blanc en cas de duel gauche contre Front national.


MEUSE : SCRUTIN INCERTAIN

En Meuse, fief de l’UDI Christian Namy n’a pas démérité ces dernières années sur la question du développement économique de son département. Pour autant, le maintien du président à la tête de l’exécutif n’est pas assuré. Ses régulières collaborations avec la gauche locale et régionale irritent à droite et l’UMP ne laisse pas de voie royale aux conseillers sortants ou aux centristes. Tous les cantons, comme en Moselle, sont pourvus de candidats frontistes, contrairement à l’UMP et au PS qui ne sont pas systématiquement représentés chez les 62 binômes en lice pour les 17 zones… Parmi les 21 élus sortants, près de la moitié a décidé de ne pas poursuivre et plusieurs listes présentent des coalitions gauche-droite, ce qui n’est pas toujours du goût des appareils. Ainsi, Olivier Poutrieux, conseiller général de la majorité s’est-il rapproché de Pierre Burgain, conseiller général socialiste, de même qu’Yves Peltier, membre de la majorité de droite sortante est associé à Claude Antion, maire Divers gauche. Ainsi, faute de candidats ou de positions politiques tranchées, plusieurs cantons sont dépourvus de champions investis par les grands partis et quelques traditionnels bastions ouvriers se retrouvent même sans proposition socialiste. Le Front national risque donc d’être souvent de la partie, comme sans doute à Ancerville où l’issue d’un deuxième tour FN-UMP quasiment assuré, s’annonce incertaine.


VOSGES : QUI SUCCÉDERA À PONCELET ?

Soixante-dix-sept binômes sur le pont pour les 17 nouveaux cantons dans les Vosges. Le principal enjeu du scrutin cantonal réside ici dans la succession de Christian Poncelet, le président sortant de l’exécutif départemental, élu au Conseil général des Vosges depuis 1976.  Ici encore, il est probable que la majorité UMP-Divers droite soit conservée malgré le départ du président dont le bastion de Remiremont sera disputé entre cinq listes de candidats dont trois sont au centre et à droite face à une liste paritaire Divers gauche et une autre frontiste. Ce type de configuration se retrouve dans de nombreux cantons vosgiens, notamment Saint-Dié-des-Vosges, laissant le jeu relativement ouvert puisque la multiplication des listes laisse imaginer de nombreux scénarios. Lors des dernières élections municipales, on prédisait une vague bleu foncé, or les électeurs vosgiens furent souvent plus nuancés qu’on ne s’y attendait…