MOSELLE:  LE CAMAÏEU INATTENDU

Sans véritable surprise, la droite a conservé la Moselle au sortir du second tour des élections départementales, confortant la position dominante du président sortant, l’UDI Patrick Weiten. Les principales incertitudes du scrutin départemental résidaient dans la percée du FN ou non, et la chute consommée ou non des socialistes.

assemblée-départementale-Moselle (© DR)Or les Mosellans ont surpris tout le monde : la défaite est totale pour les candidats frontistes, malgré d’assez bons résultats au premier tour – 32% des suffrages dans l’ensemble du département -, et de solides espoirs de victoire nourris sur les cantons de Stiring-Wendel, Boulay, Forbach, Rombas, Metz 3, Sarralbe et y compris pour le maire Fabien Engelmann dans son canton hayangeois… Aucun candidat bleu marine n’est finalement parvenu à emporter le moindre siège malgré l’omniprésence du parti au second tour dans 24 cantons. Quant aux socialistes, ils n’ont pas démérité, notamment à Metz, fief de Dominique Gros, où deux cantons sur trois sont roses, à défaut de basculer bleu marine, de même que Hayange, Freyming-Merlebach, Rombas et Fameck. Les binômes de la droite et du centre, qualifiés pour le second tour dans 20 cantons, l’emportent dans 18 des 27 cantons que compte le département, dont 8 sièges pour l’Union des Démocrates Indépendants (UDI). Autre surprise : les suffrages recueillis à Thionville par son ancien maire sorti en mars 2014 à la faveur d’Anne Grommerch, Bertrand Mertz, qui, après avoir talonné de peu la liste union de la droite (les deux listes opposées ayant récolté 31% des votes) a perdu en duel de deux points. Une relative stabilité mosellane donc, avec 20 candidats sortants reconduits dans leurs fonctions et la continuité assurée.

3 QUESTIONS À… PATRICK WEITENWeiten (© DR)

Quel bilan politique faites-vous de ces élections départementales ?

En premier lieu que le bilan présenté par les candidats de la majorité départementale a été reconnu et salué par nos concitoyens puisqu’il a permis un élargissement de cette même majorité. Ensuite que le front républicain que j’ai appelé de tous mes voeux a parfaitement bien fonctionné puisqu’il n’y a aucun conseiller départemental du FN. Enfin, que les principales grandes villes et grands territoires ruraux de la Moselle sont désormais représentés par des Conseillères et Conseillers départementaux de la majorité que j’ai l’honneur de conduire.

Quelles seront les priorités de votre prochain mandat ?

La territorialisation des services publics départementaux, l’économie et l’emploi, la mobilité et les relations transfrontalières. Des thématiques qui ont toutes en point commun d’être centrées sur la relation de proximité avec les Mosellanes et les Mosellans. Il faut absolument que la politique départementale se déroule au plus près de nos concitoyens.

Entre contexte grand régional obscur et diminution des dotations, de quelle marge de manœuvre pensez-vous disposer ?

La baisse des dotations doit nous encourager à évaluer en permanence toutes nos politiques publiques pour coller au plus près de la réalité des besoins et des attentes citoyennes des contribuables mosellans.


PAS DE RAZ-DE-MARINE EN MEUSE

christian namy (© DR)Le premier tour des élections départementales meusiennes a fait office de grand chamboule-tout. Jusqu’à renverser le président du département, Christian Namy (notre photo), dans son propre fief de Dieue-sur-Meuse, pris en étau entre la droite et le FN. Le second tour a conforté la droite, partie avec quelques longueurs d’avance et bénéficiant du fameux front républicain.

La Meuse faisait partie des cibles privilégiées de Marine Le Pen, et Gérard Longuet, sénateur UMP et ancien président de la Région disposant d’une influence certaine, entendait bien en profiter pour conforter une majorité départementale décentrée à droite. Ce dernier a donc apporté son soutien à l’UMP Serge Nahant face au président sortant meusien, et gentiment invité, entre les deux tours, les nombreux élus PS et UDI relégués en troisième position, tels Namy, à rendre les armes pour ne point risquer de favoriser le FN. Si le maire socialiste de Verdun, Samuel Hazard, s’est trouvé en ballottage favorable, Thibaut Villemin, vice-président PS de la Région, a fini en troisième position derrière un FN en tête et le candidat sortant UDI dans le canton de Saint-Mihiel.

Son maintien au second tour malgré de piètres résultats a manifestement assuré une courte victoire au candidat FN, devançant de 26 voix le candidat UDI. Au total, deux binômes divers droite ayant été élus dès le premier tour sur les cantons de Vaucouleurs et Bouligny, les électeurs meusiens ont dû trancher au second tour entre six duels dont la moitié incluait le FN et une dizaine de triangulaires dont 50% où le FN était présent. Et si le premier tour a accusé un vote FN prédominant à 30,25% des suffrages, immédiatement suivi par un vote divers droite à 27,76%, le second tour a taillé la part du lion aux rassemblements de droite qui ont obtenu entre listes UMP, divers droite et Union de la droite quelque 13 cantons. Le Parti socialiste est toutefois demeuré en tête des suffrages à Verdun et Revigny-sur-Ornain, le Parti communiste à Étain. Le Front national à Saint-Mihiel qui fait une entrée à l’assemblée départementale meusienne par la petite porte. Claude Léonard, ancien suppléant et désormais successeur de Gérard Longuet au Sénat ayant su conserver son canton de Montmédy malgré une incertaine triangulaire et bénéficiant d’un massif soutien UMP, pourrait être porté à la tête de l’exécutif départemental. André Jannot (DVD), quatrième vice-président à l’économie et à l’agriculture sortant, élu haut la main dès le premier tour dans son canton face au FN pourrait venir contrecarrer les plans du clan UMP. Jean-Marie Missler (DVD), ex-deuxième vice-président en charge des solidarités est également pressenti.


VOSGES : DANS LA CONTINUITÉ DE L’ÈRE PONCELET

François-Vansson (© DR)Dans les Vosges, dès le premier tour, la tendance oscillait entre binômes divers droite et frontistes qui recevaient respectivement 33,95% et 30,22% des suffrages, et un PS à la dérive totalisant 8,47% des bulletins de vote. Le deuxième tour a globalement conforté ces chiffres, bien qu’avec une abstention légèrement à la hausse, le FN ait encore vu ses chiffres augmenter, talonnant des listes Divers droite à 31,86% avec 31,05% des voix.
Les frontistes ont partout ou presque tiré leur épingle du jeu lors du premier tour le 22 mars dernier et se sont maintenus au second tour dans 14 cantons sur les 17 que contient le département, y compris dans deux triangulaires. Les listes de gauche ont accusé une déroute sans précédent, la quasi-totalité des duels opposant des candidats de la droite à ceux de l’extrême droite. Pas moins de six sièges soit trois cantons avaient été remportés dès le premier tour par la droite. Seuls les cantons de Bruyères et de Raon-l’Etape sont respectivement remportés à 56,88% par les socialistes et 52,26% par la liste divers gauche, tous deux opposés au deuxième tour à des candidats frontistes. Les rares triangulaires et nombreux duels n’ont pas causé de sueurs froides aux colistiers de droite : car si à Mirecourt la droite l’emportait avec 41,73% des voix, face aux socialistes à 35,60% et aux frontistes à 22,67%, la majorité des listes de droite ont obtenu plus de 60% des suffrages. Cela qu’ils soient opposés au FN ou, dans d’assez rares cas comme à La Bresse, perdu par la gauche, aux socialistes. Il n’y a guère qu’à Charmes, remporté à 52,81% par la liste DVD contre le FN, et dans les deux cantons demeurés à gauche que le suspense ait été un tant soit peu intense. L’Assemblée départementale, suite au départ de son président historique, Christian Poncelet, demeure donc majoritairement à droite avec 8 sièges UMP, 20 sièges divers droite, 2 sièges Union de la droite, et autant pour les divers gauche et Union de la gauche. L’UMP François Vannson, désigné par la majorité, est le seul prétendant au perchoir alors que Valérie Jankowski, la colistière de ce dernier au canton de Remiremont a glissé qu’il serait bon qu’une femme, pour une fois, prenne la présidence.


MEURTHE-ET-MOSELLE : LE 54 RESTE À GAUCHE

Mathieu-Klein (© DR)En 2011, la gauche l’avait emportée magistralement avec 34 sièges, 21 pour le PS, 8 pour le PC, 5 DVG, contre 10 pour l’opposition de droite (7 UMP, 2 DVD, 1 MoDem). Le socialiste Michel Dinet avait donc conservé sa fonction de président de la Meurthe-et-Moselle. Décédé subitement il y a un an, son siège avait été repris par Mathieu Klein qui n’a pas eu réellement le temps de s’y démarquer de l’ombre du mentor. Malgré des pronostics plus que mitigés, et un premier tour aux nombreux ballottages où le camp de la rose a préféré renoncer dans deux cantons lunévillois et à Baccarat pour ne pas risquer d’y favoriser l’ascension de candidats frontistes, le département est demeuré à gauche. Le Front national, avec 29,49% des voix, était en tête au premier tour mais en cumulant les voix PS, 21,81%, Union de la gauche, 8,25%, et Divers gauche, 3,36%, la gauche demeurait confiante. Si peu d’inquiétudes nourrissaient donc les débats pour les duels opposant la majorité départementale au FN malgré l’échappée du peloton de ce dernier au soir du premier tour, si de nombreux bastions historiques de la gauche semblaient « conservables », la principale question résidait dans le nombre de cantons obtenus au soir du 29 mars. La gauche devait en emporter 12 sur les 23 du département pour s’assurer la majorité alors que quatre dangereuses triangulaires se profilaient pour le second tour. Ce sont finalement 14 cantons que la gauche a obtenus : 16 sièges PS, 4 front de gauche, 4 union de la gauche, 4 divers gauche, contre 12 unions de la droite et 6 sièges UMP, assurant à Mathieu Klein sa propre succession et faisant de la Meurthe-et-Moselle le seul département rose de la future grande région ALCA.