(©123RF)
La reprise économique est là même s’il faudra encore un peu de temps pour que cela se traduise par une réduction du taux de chômage, dans de nombreux pays de l’UE. Cela risque même d’être un peu plus long que prévu car au fil des mois, les mauvaises nouvelles s’accumulent… (Informations et analyses extraites des projections économiques de l’OCDE – Novembre 2015 ) 

La reprise est là. C’est en tout cas ce que prétendent bon nombre de décideurs politiques européens, à commencer par François Hollande et son ministre de l’économie Michel Sapin. Les indicateurs leur donnent d’ailleurs raison. Selon les informations des Affaires économiques et financières de la Commission Européenne, « les économies européennes bénéficient d’une conjonction de facteurs favorables: maintien des prix du pétrole à des niveaux relativement bas, croissance mondiale soutenue, poursuite de la dépréciation de l’euro, et politiques économiques opportunes dans l’UE ». Dans les chiffres cela se traduit par une croissance du PIB de 1,9% en 2015. Une tendance qui va se confirmer dans les années à venir avec des prévisions de croissance de 2% en 2016 et de 2,1% en 2017. Optimiste, la Commission l’est également en matière d’emploi puisqu’elle table sur un taux de chômage susceptible de repasser sous la barre des 9% (8,9%) dès 2017. À défaut d’aller bien, l’économie européenne va donc mieux. Les multiples réformes engagées sur le plan national par la plupart des gouvernements finiront bien par porter leurs fruitsGlobalement mieux car si certains pays affichent un bon dynamisme, d’autres ont un peu plus de mal à tirer leur épingle du jeu. La France fait partie de cette catégorie. Selon l’OCDE (Perspectives économiques de l’OCDE, 2015), le taux de chômage stagnera autour de 10% en 2016 avant une légère baisse en 2017, à 9,9%. En ce qui concerne la croissance, elle devrait atteindre +1,3% en 2016 puis 1,6% en 2017. Certes, selon les organismes, les chiffres diffèrent mais tous confirment que ce ne sera pas terrible. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) s’attend, par exemple, à une croissance de 1,8% pour la France en 2016. À titre de comparaison, l’Allemagne devrait afficher un taux de chômage deux fois moindre en 2017 (à 4,6%) et le Luxembourg dépasser les 3% de croissance pour 2016 et 2017 pour un taux de chômage stable, autour de 6,8%. Cela dit, il est clair que si tout le monde se porte un peu mieux en Europe, chacun des membres bénéficiera de cette légère embellie. Et puis les multiples réformes engagées sur le plan national par la plupart des gouvernements finiront bien par porter leurs fruits, comme le souligne la Commission. Mais force est d’avouer, aussi, que de (gros) nuages s’accumulent. Les locomotives de la croissance mondiale semblent s’essouffler, à commencer par la Chine dont la croissance 2015 se situe, « seulement », autour de 7%. Le Brésil et la Russie sont également à l’arrêt (en revanche, l’Inde est en pleine forme). Dans un registre différent, il va également falloir composer avec les tensions internationales, gérer la crise migratoire, relever le défi du terrorisme, une remontée des prix du pétrole… Autant de sujets qui ont animé les débats à Davos, courant janvier. Le FMI (Fonds Monétaire International) comme la Banque Mondiale ont d’ailleurs d’ores et déjà révisé leurs prévisions de croissance à la baisse. Pour cette dernière, la croissance mondiale 2016 sera en deça de 3%. La France (mais plus largement encore l’Europe) devra quant à elle composer avec un autre évènement perturbateur sur le plan économique, les élections présidentielles dont on sait qu’elles ne sont guère favorables aux investissements, notamment.


LE TAUX DE CHÔMAGE EN EUROPE (source Eurostat, novembre 2015)

Le taux de chômage s’établit à 10,5%
dans la zone euro et à 9,1% dans l’UE 28
– En novembre 2015, 22,16 millions
de personnes sont au chômage dans l’UE 28
– Comparé à novembre 2014, le chômage
a baissé de 2,146 millions de personnes
dans l’UE 28 et de 1,573 million dans la zone euro
– Parmi les États membres, les taux de chômage
les plus faibles, toujours en novembre 2015,
ont été enregistrés en Allemagne (4,5%),
en République tchèque (4,6%)
ainsi qu’à Malte (5,1%), et les plus élevés
en Grèce (24,6 %)
et en Espagne (21,4%)
– Sur un an, le taux de chômage en novembre 2015
a baissé dans 25 États membres.
Il est resté stable en Roumanie et a augmenté
en Autriche (de 5,6% à 5,8%)
ainsi qu’en Finlande (de 9,0% à 9,4%).
Les baisses les plus marquées ont été observées
en Espagne (de 23,7% à 21,4%),
en Bulgarie (de 10,6% à 8,8%)
et en Italie (de 13,1% à 11,3%)
– Avec un taux de chômage de 10,1%,
la France est dans la moyenne de la zone euro
mais se classe au 21ème rang sur 28,
à l’échelon de l’UE