Amis de longue date, avides de voyages, naviguant entre standards pop, jazz métissés et monstres sacrés, le trompettiste Stéphane Belmondo et le pianiste Jacky Terrasson forment le second duo d’exception à monter sur la scène du JazzPote Festival.

terrasson-belmondo (© Carles Abelenda)La première rencontre entre Stéphane Belmondo et Jacky Terrasson a lieu à Paris à la fin des années 80, au sein du quintet du contrebassiste Pierre Boussaguet, où joue également Lionel, le frère de Stéphane. « On s’est perdus de vue puis retrouvés il y a cinq ans, raconte Jacky Terrasson. Nous nous sommes mutuellement invités sur nos disques respectifs, puis ce duo est né. Je pense que la complicité qui s’en dégage est due au fait qu’il y ait cette longue amitié entre nous ».

En 2012, Stéphane apparaît sur Gouache de Jacky Terrasson, où celui-ci reprend allègrement, aux milieu de ses compositions, Éric Satie, Amy Winehouse, Jonh Lennon ou même Justin Bieber. De même, avec son dernier album Take this ! , au titre presque en forme de défi, le franco-américain Une aubaine pour le public, l’assurance d’instants musicaux jouissifs et explosifss’attaque au titre éponyme de Paul Desmond, fait figurer Henri Salvador et ses chers Beatles sur la playlist. « Je joue la musique que j’aime et qui m’affecte d’une manière ou d’une autre, explique le pianiste. Je n’ai pas envie de me limiter a un répertoire restreint. D’autre part, je prends un malin plaisir à transformer, réarranger les thèmes quelque soi leur provenance ».

Stéphane Belmondo rend lui aussi quelques hommages à travers sa discographie : après Wonderland, consacré à Stevie Wonder, Ever after célèbre Donny Hathaway (avec la participation de Jacky Terrasson), tandis que sort aujourd’hui Love for Chet, premier volet d’une série de disques autour de Chet Baker, ami et influence majeure de Stéphane Belmondo depuis ses plus jeunes années. Trente ans après leur première rencontre, le trompettiste, issu d’une fameuse lignée de musiciens (voir le projet Belmondo family sextet), s’inscrit toujours « dans le sillon de Chet ». Rappelant le « pianoless quartet » des premiers âges, ce Love for Chet aborde la période Steeplechase de Baker, Belmondo s’accompagnant du guitariste Jesse Van Ruller et du bassiste Thomas Bramerie. « L’absence de piano sur ce premier disque donne une respiration très libre à la musique » commente Jacky Terrasson, qui figurera peut-être sur le second volet de cet hommage, puisqu’une dizaine de pianistes y seront invités par Stéphane Belmondo.

S’il ne dévoile rien sur une éventuelle nouvelle collaboration avec son ami trompettiste, Jacky Terrasson envisage sérieusement de composer à ses côtés, dans un futur proche. « Pour l’instant, nous reprenons avec notre duo des standards, des thèmes du répertoire de la chanson française, et quelques compositions que j’ai écrites » décrit-il. L’amitié entre deux des jazzmen les plus reconnus, les plus dynamiques mais aussi les plus curieux de la scène française est en tout cas une aubaine pour le public, l’assurance d’instants musicaux jouissifs et explosifs.

Vendredi 3 juillet

11ème ÉDITION JAZZPOTE FESTIVAL – THÉÂTRE EN BOIS À THIONVILLE