© Luc Bertau

C’est l’histoire d’une femme équilibrée, épanouie dans sa vie personnelle et professionnelle, qui a décidé de faire le saut en politique. Cette histoire, c’est celle de Yasmine Selmani, présidente déléguée du Mouvement Radical Social-Libéral de Moselle, qui compte se présenter sur une liste aux prochaines Municipales de Forbach, en 2020.

«La bonne rencontre au bon moment. » Quand on demande à Yasmine Selmani ce qui l’a poussée à entrer dans l’arène politique, l’intéressée cite ce déjeuner avec une connaissance de son patron. Un certain René Leucart, président du Mouvement Radical Social-Libéral de Moselle. « Il a eu le temps de jauger mon profil et mon tempérament », pense cette maman de deux filles qui est  cadre en gestion du management et en charge du développement d’une grande entreprise de services intervenant dans la région Grand Est et employant 700 salariés. Dans la vie, cette femme de 45 ans n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, et encore moins à courber l’échine encore moins face à la médisance. « Ce qu’on peut raconter sur moi, ça m’est égal. », exprime-t-elle. La présidente déléguée va d’abord devoir se faire un nom, travailler son image en arpentant le terrain. Pourtant, prendre des coups sans vaciller, Yasmine Selmani va devoir s’y habituer, consciente qu’il vaut mieux avoir la peau dure et le bouclier de Captain America quand on pénètre sur un échiquier où tous les coups – ou presque – sont permis. La peau dure, et un socle solide. De ce côté-là, l’habitante de Saint-Avold peut partir tranquille. « Je suis épanouie dans ma vie personnelle et professionnelle, avec notamment un compagnon qui me soutient et m’encourage dans cette nouvelle voie. » Pourquoi cette décision ? « J’avais envie de m’impliquer davantage, de me rendre utile en tentant d’améliorer les choses à mon niveau. C’est mon côté altruiste, empathique. Je me sens prête aujourd’hui à déplacer des montagnes… » Montagne, le mot est parfaitement choisi dans un monde [politique] qui ressemble plus que jamais à un vaste chantier en reconstruction, où les partis traditionnels ont laissé pas mal de plumes.

Membre depuis septembre 2018 de l’instance mosellane du Mouvement Radical Social-Libéral de Moselle, celle qui en est la présidente déléguée va d’abord devoir se faire un nom, travailler son image en arpentant le terrain. Un premier défi de taille pour cette fille de Moselle-Est qui a encore tout à prouver dans ses habits de militante. Pour autant, elle estime que son statut de débutante sur la scène politique sera davantage un atout qu’un fardeau, dans un contexte qui plaide en faveur des nouveaux visages et de la société civile. « Il faut venir du terrain pour se rendre compte des problèmes que peuvent rencontrer les Français au quotidien », clame-t-elle en coupant Dans son agenda bien rempli, cette chef d’agences au caractère bien trempé, a coché les Municipales de 2020.court aux ambitions opportunistes ou purement pécuniaires qu’on pourrait lui accoler. « Je ne me lance pas en politique pour toucher une indemnité. La mission qu’on me confiera, je la menerai à bien », renchérit-elle, sans ignorer qu’il faudra du temps et pas mal d’efforts pour resserrer le lien entre les élus et leur base. « Les gens n’y croient plus, la politique a mauvaise réputation. Le peuple a le sentiment de se faire avoir quel que soit le chef d’État. » Le récent mouvement des gilets jaunes, encore dans les têtes, a cristallisé ce ras-le-bol général et laissé des traces. Une contestation que Yasmine Selmani dit avoir appuyé et compris au départ, avant de prendre ses distances devant les débordements et le sentiment d’anarchie qui en émanait. « C’est devenu la liberté d’expression pour tout et n’importe quoi. »

Dans son agenda bien rempli, cette responsable des agences au caractère bien trempé, née d’un père algérien et d’une mère française, a coché les Municipales de 2020. Pas à Saint-Avold, la ville où elle habite, mais à Forbach, à une vingtaine de kilomètres de là via l’autoroute, sur une liste républicaine et progressiste en phase avec ses idées et ses convictions. Voilà tout ce qu’elle peut dire pour l’instant, impatiente de se jeter dans le grand bain. Chose certaine, si le camp choisi venait à remporter les suffrages, Yasmine Selmani sera prête à retrousser ses manches, quelle que soit la mission qui lui sera confiée, même si son cœur de mère bat pour l’éducation, un dossier aussi sensible qu’important. « Et l’instruction », ajoute-elle, « car il y a trop de déséquilibres ».