William-Christie©-seb-grebille

Ils font partie des 1001 œuvres classiques qu’il faut avoir écoutées un jour dans sa vie. Quatre de ces incontournables seront offerts par la Philharmonie Luxembourg, dans le cadre de sa série Greatest Hits. Un condensé d’étoiles livré sur un joli plateau en 2019 et 2020. Au menu : Haendel et son Messie légendaire, Schubert et sa Symphonie inachevée, Mahler et sa monumentale 3e Symphonie, ainsi que Beethoven en version double (6e et 7e symphonies). C’est le moment de se faire plaisir !

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La résurrection de Haendel

La soirée du 7 octobre sera l’occasion d’entendre un des oratorios les plus célèbres de Georg Friedrich Haendel, qui fut, durant la première moitié du XVIIIe siècle, le compositeur vedette de l’Angleterre. Ecrit en seulement trois semaines, en août et septembre 1941, le Messie (ou Messiah) est une œuvre sacrée pour solistes, chœur et orchestre. Elle a été façonnée à l’origine pour le temps de Pâques, avant de devenir au fil du temps un incontournable des fêtes de fin d’année, comme à Montréal par exemple, où l’orchestre symphonique de la ville respecte une tradition très convoitée en le jouant à cette occasion. Cette pièce, jouée pour la première fois en 1742 à Dublin devant un public conquis, marquera la renaissance de Haendel, alors dans le creux de la vague et en proie à des problèmes de santé. Ce Messie retrace la totalité de la vie et la résurrection de Jésus. Il est notamment très prisé pour son célèbre Hallelujah, véritable apothéose du concert, qui émeut et soulève les foules depuis des décennies. L’ensemble baroque Les Arts Florissants, dirigé par William Christie, se chargera de lui donner vie sur la scène de la Philharmonie Luxembourg. Les musiciens français accompagneront pour l’occasion les sopranos Emmanuelle de Negri et Katherine Watson, ainsi que le contre-ténor Tim Mead, le ténor James Way et le basse Padraic Rowan.

Lundi 7 octobre 2019, à 20h, dans le Grand Auditorium

L’hymne à la nature de Beethoven

Yannick Nezet-Seguin © Hans van der Woerd

Yannick Nezet-Seguin © Hans van der Woerd

Pas une, mais deux. Beethoven sera mis à l’honneur le 21 avril à la Philharmonie Luxembourg, lors d’une soirée articulée autour de ses symphonies 6 et 7. La première, dite « pastorale », est sans contredit la plus originale des 9 symphonies qu’il a écrites. On y perçoit son amour inextinguible pour la nature – où le virtuose allemand aimait se ressourcer et puiser son inspiration – dont il dresse ici un véritable portrait. Cet hymne écolo a aussi pour particularité d’être la seule symphonie composée de 5 mouvements.

La seconde, dont la première présentation a eu lieu à Vienne le 8 décembre 1913, s’avère pour sa part plus vigoureuse. Ici, le rythme prend le pas sur la mélodie, ce qui lui confère son caractère dansant. Cette soirée sera dirigée par un chef de renom, le très demandé Yannick Nézet-Séguin, membre honoraire de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg. Cet infatigable chef d’orchestre québécois – qui dirige notamment, depuis 2018, le célèbre Metropolitan Opera de New York (MET) – sera accompagné du non moins réputé Orchestre de chambre d’Europe, un des meilleurs au monde dans sa catégorie. Créé en 1981, cet ensemble privé se produit régulièrement dans les plus grandes villes du Vieux Continent. Lauréat de nombreux prix, il a enregistré plus de 250 œuvres et possède son propre label, COE Records.

Mardi 21 avril 2020, à 20h, dans le Grand Auditorium

Le monument de Mahler

Yannick Nezet-Seguin © Hans van der Woerd

Yannick Nezet-Seguin © Hans van der Woerd

Un monument. Le terme colle parfaitement à la 3e symphonie composée à l’âge de 34 ans par l’autoritaire et mélancolique Gustav Mahler. Il s’agit de la plus dense de ses symphonies, mais aussi la plus longue du répertoire classique, derrière la Symphonie No 1 de Havergal Brian, proche des 2 heures. Rien d’étonnant chez ce compositeur post-romantique habitué aux pièces d’envergure, à l’image de la numéro 8, surnommée « la symphonie des Mille » puisque mille interprètes – dont 850 choristes – seraient théoriquement nécessaires pour l’interpréter. Le format sera plus raisonnable le 27 mars à la Philharmonie Luxembourg, même si la scène promet d’être bien garnie avec l’Orchestre philharmonique de Luxembourg, placé sous la direction de Gustavo Gimeno, mais aussi la chorale d’enfants du Conservatoire de la cité grand-ducale et le chœur Singverein de Vienne. Cette symphonie universelle est scindée en 6 mouvements, dont le premier, le plus important, aborde la fondation du monde. Le 2e est quant à lui consacré aux fleurs, le 3e aux animaux, le 4e à l’Homme, le 5e aux enfants et le dernier à l’amour universel. A noter que la mezzo-soprano allemande Gerhild Romberger – une habituée de l’univers malhérien – sera l’unique soliste de cette soirée forcément monumentale, laquelle sera enregistrée et retransmise en direct sur les ondes de la radio luxembourgeoise 100.7.

Vendredi 27 mars 2020, à 20h au Grand Auditorium

La Symphonie inachevée de Schubert

Maria Agresta © Elisa Rinaldi

Maria Agresta © Elisa Rinaldi

On ne saura jamais le fin mot de l’histoire de cette œuvre restée inachevée dans la carrière de Franz Schubert (même si la maladie est souvent évoquée), prolifique compositeur et champion des Lieder, lui qui se passionnait autant pour la poésie que les poètes, qu’il fréquentait assidûment. En 31 ans de carrière, soit l’âge de sa mort en 1828, le natif de Lichtental n’aura pas chômé, avec plus de 1 000 œuvres dans son répertoire, mais aussi une quinzaine de symphonies, de la musique de chambre et des centaines des partitions. La Symphonie numéro 8 – qui sera jouée au Luxembourg, sous la direction de Gustavo Gimeno – fut écrite en 1822 par l’Autrichien à l’âge de 25 ans. Il faudra pourtant attendre 1865 pour la découvrir. Cette composition pour grand orchestre, possédant deux mouvements, contre quatre habituellement, a permis à son créateur de se distancier de l’héritage classique. Reconnue pour son grand lyrisme, cette symphonie singulière a été récemment achevée par le géant de la téléphonie chinoise Huawei, avec l’aide du programme d’intelligence artificielle de son dernier smartphone. Le résultat, présenté en grande pompe à la presse européenne en février dernier à Londres, est loin d’avoir convaincu. Voilà pour l’anecdote.

Jeudi 12 décembre 2019, à 20h, dans le Grand Auditorium
Les solistes : Maria Agresta (soprano); Daniela Barcellona (mezzo-soprano); René Barbera (ténor); Vitalij Kowaljow (basse)