Dans La commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz imagine la vie flamboyante de sa grand-mère espagnole exilée. Un premier roman émouvant avec son lot de tragédies et de bonheurs.

Un mot sur l’auteure tout d’abord car ce nom évoque assurément quelque chose. Olivia Ruiz est donc bien l’auteure, compositrice et interprète qui, en près de 20 ans de carrière, a vendu plus de deux millions d’albums et remporté de nombreuses récompenses, dont quatre Victoires de la musique. Olivia Ruiz qui est d’origine espagnole a trois de ses grands-parents qui ont fui la guerre civile espagnole. Un épisode dont ils n’ont jamais parlé. C’est de ce silence qu’est né ce premier livre aux accents de fresque familiale. À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela (grand-mère), dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours. « Je reluque la commode du coin de l’œil. J’aperçois une enveloppe au fond du tiroir rose, je reconnais l’écriture appliquée de ma grand-mère. Et s’il y en avait d’autres ? Je commence à comprendre… Il va falloir y aller maintenant : attaquer par le premier tiroir, quitte à ne plus lâcher jusqu’au petit matin. J’ai retourné le vinyle de Morricone. Je me suis assise devant la commode aux tiroirs de couleurs. À nous deux maintenant Abuela. Surprends-moi. Encore », écrit Olivia Ruiz. Surpris, le lecteur le sera également car l’auteure mêle et entremêle tragédies familiales et tourments de l’Histoire pour signer une fresque romanesque flamboyante et émouvante sur l’exil. On ne saura certainement jamais si la vie de Rita ressemble à celle de la propre grand-mère d’Olivia Ruiz mais il y a certainement beaucoup d’Olivia dans Rita.

La commode aux tiroirs de couleurs
par Olivia Ruiz, éd. JC Lattès