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Il en a rêvé tout petit, il l’a fait. En 2014, Samuel Hazard a pris les rênes de sa ville natale, cité de la Paix, cité à part. Avec Cannes, Lourdes ou Avignon, Verdun est de ce petit club des villes françaises mondialement connues. Quel est donc le Verdun dont rêve ce jeune maire, au-delà de l’image d’Épinal et du symbole de paix ? À quoi carbure Monsieur Hazard ?

C’est un mordu, « un ouf », un bûcheur. « Même mes opposants vous le diront, je ne compte pas mes heures, je bosse 15 à 17 heures par jour pour Verdun. J’arrive en mairie entre 7h et 7h15, je fais un tour de ville, je vais voir si tout va bien, si tout est propre, et cela me permet aussi de rencontrer les gens », explique Samuel Hazard. De quoi justifier aussi son refus de briguer un mandat de député. « On me l’a proposé, j’ai refusé. Si j’étais député, j’aurais l’impression de trahir les gens, je serais moins présent. Député, vous êtes déconnecté de la réalité et vous êtes dans une logique de groupe, or je suis un pragmatique et je tiens beaucoup à ma liberté de penser. Ma ville, c’est ma vie !».

Amoureux de Verdun ! Pour ce qui est de la politique, la relation est plus orageuse.Une forme de dépit enveloppe le bonhomme. Les stigmates d’une polémique sur le concert de Black M,  à l’occasion du centenaire de la bataille de Verdun, « Inquiet quand je vois qu’on monte les Français les uns contre les autres, inquiet de cette société virtuelle. »où il s’était déclaré « lâché et lynché » ? Pas sûr, pas seulement. « Je ne m’occupe plus guère de politique nationale, un peu dégoûté par ce qu’il se passe ». 

Certes « de centre gauche et proche de Manuel Valls », il se veut d’abord un élu local, les pieds dans la glaise et parfois, sans en abuser, la tête dans les étoiles. Et qu’on ne vienne pas le coller dans la case des élites et des apparatchiks, il est du clan des citoyens. « Nos concitoyens ne se sentent plus représentés, mais ils croient encore en leurs élus locaux parce qu’ils peuvent les rencontrer. Je crois beaucoup à la démocratie participative, à une démarche de co-construction. Il faut absolument que les politiques tiennent un langage de vérité ». Un peu dégoûté et surtout « inquiet quand je vois qu’on monte les Français les uns contre les autres, inquiet de cette société virtuelle. Nous avons besoin d’unité. Ce que recherchent les terroristes, c’est la division de la France ».

Loin des débats idéologiques, il a fait installer 37 caméras de surveillance et va armer sa police. Il est de ces maires de villes moyennes et grandes villes partiellement dépolitisés, plus chefs d’entreprise que teneurs d’estrade, hyper concrets lorsqu’il s’agit d’équilibrer les budgets, de rameuter les investisseurs et d’aller chercher les subventions avec les dents. « Le maire, c’est le premier ambassadeur de sa ville ». Samuel Hazard a tout de même conservé quelques bons vieux réflexes des politiques. Bavard, il a le discours impeccablement rôdé lorsqu’il s’agit de dresser un bilan d’étape de son action à la tête de Verdun et d’évoquer les projets qui nourrissent sa deuxième partie de mandat.

Du péri-scolaire, « remis en place », aux navettes pour les personnes âgées, de la maison de santé en cœur de ville à la création d’une crèche, du premier festival Arts dans la rue, « qui a drainé 60 000 personnes », « Verdun était une ville isolée, en conflit avec la Région, le Département, l’État. Les choses ont changé et ça se traduit notamment dans les subventions ».à la brasserie implantée dans l’ancien mess des officiers, « créant 65 emplois », du désendettement de la ville à l’obtention d’un escadron supplémentaire de 117 militaires, de la nouvelle zone d’activités, « car il manque du foncier pour les entreprises », à la Véloroute, il déroule son bilan et ses projets dans un inventaire à la Prévert.

La conclusion sonne comme un sentiment du devoir (presque) accompli : « 85% de nos engagements ont été tenus ». Au passage, grand seigneur, Hazard tresse un laurier pour son prédécesseur, lorsqu’il évoque la mutualisation des services de l’intercommunalité et de ville : « Il l’a initiée, je l’ai parachevée ». Puis (faut pas pousser !), il lui expédie un Scud : « Verdun était une ville isolée, en conflit avec la Région, le Département, l’État. Les choses ont changé et ça se traduit notamment dans les subventions ». Un mot résume le personnage de Samuel Hazard : partenaire. C’est avec les chefs d’entreprise qu’il est sans doute le plus impliqué : « Je m’investis personnellement, directement. L’engagement du Maire auprès des investisseurs est toujours un bon signe ».