© Audrey Kromenhacker

Face à la crise sanitaire et économique, la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne se mobilise fortement pour soutenir les entreprises régionales. Très active sur le Prêt Garanti par l’État (PGE), la BPALC planche également sur des solutions qui permettront aux entreprises d’investir, pour rebondir, comme l’explique Dominique Wein, son Directeur général.

« La crise frappe notre région à l’identique du national. Mais avec plus d’intensité dans certains secteurs d’activités compte tenu des spécificités de notre économie. L’industrie, les services ou bien encore l’évènementiel sont impactés. Il est clair aussi que les professionnels qui dépendent du tourisme souffrent particulièrement », souligne Dominique Wein, Directeur général de la BPALC qui confie également avoir une attention particulière pour la viticulture en Alsace et en Champagne. Non seulement les ventes de boissons se sont effondrées mais la reprise pourrait se faire attendre, notamment pour le champagne largement tributaire des exportations.

Face à cette situation de crise, la banque a promptement réagi pour soutenir toutes les entreprises. Divers outils ont été mis en place comme le report des échéances de crédits professionnels ou l’activation du Prêt Garanti par l’État (PGE). « Nous avons mis à profit la forte digitalisation de la banque pour pouvoir activer les PGE, dès le lendemain de la parution du décret. Cela nous a permis de répondre, très rapidement, voire même dans l’urgence, aux besoins de nos clients en matière de prêts. À la mi-juin, nous avions d’ores et déjà accordé plus de 1,4 milliard d’euros de PGE à près de 10 200 entreprises, cela représente environ 26 % des PGE débloqués dans le Grand Est », précise le dirigeant « cela signifie qu’en deux mois à peine nous avons accordé autant de produits crédit aux entreprises qu’en une année, habituellement ».

Cette « respiration artificielle », rendue possible par la réactivité de la banque mais également par la pertinence des dispositifs initiés par l’Etat, a permis de parer au plus pressé. L’après confinement aidant, différents secteurs ont déjà recouvré un peu de couleurs. C’est le cas de certaines industries ou du bâtiment, par exemple.

Mais le plus dur pourrait être à venir. Pour trois raisons.  Primo, car à la crise sanitaire (qui pourrait redémarrer, il ne faut pas l’exclure) et à la crise économique, pourrait se greffer une crise sociale. Secundo car la situation actuelle est inédite. Les entreprises n’ont donc aucune lisibilité y compris à moyen terme. L’incertitude règne. Tertio, même si les prêts tels que le PGE affichent des taux très faibles, il va falloir les rembourser ce qui amoindrira encore les capacités d’investissements des entreprises, dans les mois à venir.

« La question des fonds propres est centrale. Si les grands groupes et les grandes entreprises disposent d’outils pour réagir, ce n’est pas forcément le cas des PME, TPE et professionnels. L’État, la BEI (Banque Européenne d’Investissement) ainsi que différents opérateurs comme les banques, mènent actuellement une réflexion sur les mécanismes qu’il importe de mettre en œuvre, dans la durée, pour conforter les structures financières », souligne Dominique Wein. Le directeur général précise également qu’une réflexion est menée localement, avec Jean Rottner, le Président de la région Grand Est, afin de déployer des dispositifs performants, pour les entreprises régionales.

« Banque coopérative, la BPALC s’implique et s’impliquera pour accompagner ses clients qui traversent une situation compliquée et pour les aider à rebondir. La banque a été créée en 1907 par des PME, des artisans et des commerçants pour soutenir les entreprises. Ce n’est pas maintenant que ces dernières ont besoin de nous que nous allons modérer notre engagement. Soutenir le territoire fait partie intégrante de notre ADN », conclut Dominique Wein.


Qu’est-ce que le PGE ?

Une entreprise dont l’activité est impactée par l’épidémie de coronavirus – Covid-19 peut demander un prêt garanti par l’État, quelle que soit sa taille et son statut. Pour l’obtenir, l’entreprise doit prendre rendez-vous auprès de sa banque habituelle qui donne un pré-accord. La garantie de l’État s’élève à 90 % du montant du prêt pour les PME et les ETI (avec un CA maximum de 1,5 Md€). Ce prêt peut représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires. Pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 01/01/2019, le montant du prêt peut s’élever jusqu’à 2 ans de masse salariale. Il est possible aussi de faire une demande regroupant plusieurs prêts dans les mêmes conditions. Aucun remboursement ne sera exigé la première année. Aux termes de ces 12 mois, l’entreprise a le choix d’effectuer un remboursement total ou partiel de son PGE ou de demander un échelonnement de son remboursement de 1 à 5 ans maximum. Il sera possible de souscrire un PGE jusqu’au 31 décembre 2020.