© Photographie : Luc Bertau

On connaît son visage, sa voix et on apprécie sa bonne humeur lors de Juste avant de Zapper, l’émission-phare de la chaîne Mirabelle TV. Alicia Hiblot est aussi une musicienne passionnée qui prépare un nouvel album sous le pseudonyme d’Alice Arthur. Un projet sensible et généreux, à son image.

Son empathie, sa curiosité et son expérience de télévision lui ont permis d’imprimer sa marque en tant qu’animatrice et rédactrice en chef adjointe de Juste avant de zapper, l’émission diffusée du lundi au vendredi à 18h sur Mirabelle TV. Une personnalité qui ne s’est pas émoussée au fil du travail de coureur de fond que constitue la préparation d’une quotidienne. « Toutes les forces vives de la chaîne sont mobilisées autour du Journal diffusé pendant l’émission, indique Alicia. Depuis son lancement à la rentrée 2015, Juste Avant de Zapper est une expérience vraiment« Ça a été dur de faire le deuil de Culture Pop, mais il faut avancer et s’ouvrir à d’autres choses »enrichissante, qui m’a sortie de ma zone de confort. » Avant cela, Alicia Hiblot a accueilli nombre d’artistes sur le plateau intimiste de l’émission Culture pop : une période de cinq ans où elle se sentait comme un poisson dans l’eau. Parmi les invités et les reportages qu’elle a réalisés pour l’émission, elle se remémore les rencontres avec les plasticiens Jean No, Jean-Marie Burgin et Jean-Marie Cherruault, devenus des amis, le musicien casqué Cascadeur ou encore Mell, « une fille vraiment rock », talentueuse musicienne qui à l’instar de Cascadeur a franchi les frontières lorraines et françaises. « Ça a été dur de faire le deuil de Culture Pop, mais il faut avancer et s’ouvrir à d’autres choses » dit-elle. Une mentalité qui colle bien à la tonalité des chansons qu’elle n’a jamais cessé d’écrire, même après de longues journées de travail. La musique a toujours fait tourner son univers et représente plus qu’un jardin secret puisqu’elle concrétise sa passion à travers plusieurs projets.

Rembobinons : Alicia est au lycée, un groupe de copains qui a eu vent de sa pratique du chant, de la guitare et du piano lui propose de les rejoindre. Suivront une série de rencontres et d’expériences qui convaincront Alicia qu’elle peut faire de la musique davantage qu’une passion entre quatre murs. Déjà, ceux de la maison familiale à Briey résonnent continuellement du son de Stereophonics, Simple Minds et INXS, quand ce n’est pas le papa qui met la chaîne hi-fi à fond ou traque les sons guitare à la main. Autodidacte comme elle, le père d’Alicia l’inspire et la soutient dans cette voie ; lui-même, avocat de métier, tombe la robe pour jouer avec son groupe Out of Time. « Au cœur d’une enfance heureuse, il y a toujours eu la musique ; aujourd’hui c’est pareil quand je rentre chez moi, je ne peux pas m’en passer, raconte Alicia. J’ai beaucoup de souvenirs : les exemplaires de Rock’n’folk, la musique dans la voiture, mon père qui revenait avec des piles de vinyles, et puis mon premier concert : Santana aux Arènes de Fréjus. »

Rapidement, avec les copains du groupe What’s your name, vient la rencontre avec Jean-Pascal Boffo, grand manitou du studio Amper à Clouange. Il a vu passer plusieurs générations de musiciens à la recherche du son cristallin et du touché précis et élégant de l’ingénieur du son et guitariste. Dans les années qui suivent, il ne sera jamais loin, et constitue aujourd’hui la cheville ouvrière du nouveau projet musical d’Alicia (voir ci-dessous). Après des études de droit et d’arts du spectacle et un an comme journaliste au Républicain Lorrain, Alicia rejoint en 2000 Multithématiques, filiale de Canal + basée à Longwy où elle expérimente les débutsElle joue auprès de Barbara Carlotti, Richard Gotainer, Zaza Fournier et vit des moments uniques en étant sélectionnée aux Rencontres d’Astafort.du Net comme webmaster et chef de projet. « C’était une période où tout était à découvrir, chacun apprenait sur le tas. Faire de la vidéo pour Internet, c’était nouveau, explique-t-elle. Comme plus tard lorsque j’ai rejoint Mirabelle TV, j’ai assisté à une naissance, dans une ambiance positive où l’on apprenait tous à se connaître. » L’entreprise déménage et la jeune femme en profite pour consacrer les deux années qui vont suivre à tenter de réaliser son rêve : vivre de sa musique. C’est le temps des répétitions, de la chasse aux dates de concert, des tournées et du premier album, Étoile-moi, sous le nom d’Alice s’émerveille. Elle joue auprès de Barbara Carlotti, Richard Gotainer, Zaza Fournier et vit des moments uniques en étant sélectionnée aux Rencontres d’Astafort, résidence d’artistes organisée par Francis Cabrel. Si l’expérience ne s’est pas avérée concluante, elle n’a jamais lâché le carnet et la guitare : après dix années professionnellement très exigeantes, Alicia remonte donc en selle afin d’assouvir sa passion. « Je ne me suis jamais vu comme une grande musicienne ou une grande chanteuse, lâche-t-elle. J’ai longtemps pensé qu’il fallait beaucoup de technique pour être légitime, et ça me freinait ; de cela, je me suis détachée aujourd’hui. Alice s’émerveille a existé, aujourd’hui Alice Arthur trace son propre chemin. Et malgré ce changement de nom, je continue de m’émerveiller ! »


Alice Arthur s’élance

Le clip de La Vague, sa toute première chanson sous le nom d’Alice Arthur, montre Alicia face à la mer, quelque part au bord des falaises de la Somme. On la voit, filmée par Azzédine Brahimi, esquissant quelques pas sur le sable, délivrant cette chanson comme une ode à la liberté et surtout une invitation à prendre la vie comme une vague : pour s’élever, s’emporter ailleurs, au risque même de boire la tasse. « Ce nouveau projet, c’est un peu repartir de zéro, même si je n’ai jamais cessé d’écrire et de composer, explique Alicia. On retrouve dans cette chanson cette notion d’idéal à atteindre, de rêves à vivre… toujours avec beaucoup d’amour ! » Les quelques chansons auxquelles elle travaille encore sont animées par le même souffle : une sincérité désarmante, une sensibilité à fleur de peau mais aussi une indépendance d’esprit affirmée. Dans l’introspection ou la fantaisie, Alice Arthur nous touche, sa voix glissant sur la musique aérienne de Jean-Pascal Boffo, auteur lui-même de très beaux albums guitaristiques, et de Séraphin Palmeri, claviériste pour Cascadeur. On retrouvera aussi la finesse et l’expérience de Laurent Payfert à la basse et de Hervé Rouyer à la batterie. « J’aime ce qui est aérien et enlevé et je suis très attachée à la musicalité, notamment des mots, indique Alicia, qui chante en français. Tout vient de la musique : un air, puis un mot, et le texte vient ensuite. »

Un appel au financement participatif est en cours sur le site Ulule jusqu’à la fin du mois d’avril. De son résultat dépendra la longueur de l’album, six ou douze chansons, comprenant un duo avec le chanteur Kel. « C’est un projet complet, de la musique en passant par la promo, l’image… c’est très chronophage et ça mobilise beaucoup de monde, c’est ce que l’on essaye de faire comprendre sur notre page de crowdfunding, explique Alicia. Tous ces gens m’ont aidé à rendre réels les moments d’euphorie que je vis en studio : quand la musique monte, ça fait toujours quelque chose dans les tripes ! C’est ce que l’on veut partager avec cet album. »

Financez le premier album d’Alice Arthur : ulule.com/alice-arthur