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Sous des dehors qui peuvent sembler parfois réservés, l’homme porte en lui une formidable énergie : celle qui consiste à animer de la manière la plus dynamique possible l’économie du Grand-Duché du Luxembourg et plus largement de ses voisins. Carlo Thelen, le directeur général de la Chambre de Commerce du Luxembourg, n’aime guère en effet l’immobilisme.

Il faut absolument éviter de s’endormir. « Le Luxembourg a toujours été proactif estime Carlo Thelen, mais ses dirigeants savent aussi qu’il ne peut pas se satisfaire d’une situation où il ne chercherait pas à évoluer. Cela signifie qu’il faut sortir d’une certaine forme de confort ».

Celui qui a succédé à Pierre Gramegna en janvier 2014, lorsque celui-ci est devenu le Ministre des Finances du Grand-Duché, se situe résolument dans le droit fil de l’action de son prédécesseur. À partir d’une même conviction : celle qui fait de la puissante chambre de commerce du Grand-Duché, un outil efficace au service des entreprises et plus largement de l’économie luxembourgeoise.

Ceci étant, la chambre agit en gardant en permanence un devoir de neutralité politique vis-à-vis du gouvernement. « Si nous n’étions pas attachés à cette indépendance, nous ne serions plus crédibles ». Carlo Thelen insiste régulièrement sur ce devoir de neutralité qui suppose aussi que l’on puisse dire des choses « sans froisser ».

Dès lors, la voix de Thelen porte dans le paysage médiatique et économique du pays. Elle vise à rappeler que l’économie a ses règles et qu’il ne saurait y avoir « de social sans attractivité ». L’économie a ses règles Il ne saurait y avoir « de social sans attractivité »Il estime en substance que le Luxembourg ne poursuivra son développement qu’en conservant des avantages compétitifs. Ceux-ci ne tiennent pas exclusivement à une fiscalité avantageuse mais à une gestion rigoureuse des fonds publics et surtout à l’anticipation des évolutions en cours.

Parmi celles-ci, « l’accélération des processus de digitalisation » que Carlo Thelen évoque régulièrement sur son blog. À l’occasion de ses vœux pour 2017, il rappelait d’ailleurs que « 2017 serait l’année nouvelle de la promotion des filières numériques et de la mise en œuvre d’une économie durable et connectée. C’est cela qui permettra l’émergence d’une croissance qualitative ».

Pour autant, Carlo Thelen ne considère pas que le développement économique constitue l’alpha et l’omega du développement luxembourgeois. Il estime que le Grand-Duché doit aussi avoir une vision prospective sur les grands enjeux qui vont l’attendre dans les années à venir. C’est pourquoi il soutient vigoureusement la fondation IDEA mise en place par la Chambre de Commerce il y a quelques années. « Avec Michel Wurth, le Président de la Chambre, nous avons pensé qu’un outil prospectif devait être mis à la disposition de la société civile ».

La fondation IDEA est ainsi devenue une plate-forme d’échanges autour d’idées nouvelles mises à la disposition de tous les acteurs. « Ils font un super boulot en toute indépendance car nous n’intervenons jamais. Cela permet à IDEA de nouer des partenariats au Grand-Duché mais aussi au-delà des frontières à l’exemple du travail commun mené avec la SOLEP et l’Institut de la Grande Région ».

Carlo Thelen ne néglige évidemment pas le rôle des responsables politiques mais il estime aussi que la dynamique de la société civile est un véritable atout pour le développement d’un territoire. Il croit beaucoup au brassage des idées et à l’échange d’arguments. Il est convaincu que « débattre et présenter lucidement les enjeux est la meilleure façon de lutter contre les populismes qui émergent actuellement aux Pays bas et en Belgique mais aussi en Allemagne et en France ».

C’est pourquoi il lui parait essentiel de continuer à soutenir et à développer la Grande Région Transfrontalière. Les directeurs des chambres de commerce et d’industrie de chaque territoire transfrontalier se réunissent ainsi régulièrement pour échanger, aborder les sujets d’aménagement du territoire mais surtout ceux relevant de la responsabilité du monde économique : le développement des entreprises et la mise en place d’outils assurant la promotion de la Grande région. C’est pour Carlo Thelen un défi essentiel qu’il entend bien relever avec ses partenaires. De part et d’autre des frontières.