Lauryn Hill © DR

De la disco-funk de Nile Rodgers & Chic à la techno impitoyable de The Prodigy, en passant par le groove de Charlie Winston et le R’n’B fiévreux teinté de hip-hop de Lauryn Hill, le mois de décembre à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette promet de déchaîner toutes les passions.

Un grand retour aura lieu début décembre à la Rockhal : la venue du duo Nile Rodgers & Chic, groupe mythique de la scène disco-funk de la fin des années 70 qui n’avait pas sorti d’album depuis 26 ans. C’est chose faite avec It’s about time. Le guitariste et producteur américain a travaillé avec les plus grands noms tels que David Bowie, Madonna, Diana Ross, décroché trois Grammy Awards avec Daft Punk pour le tube Get lucky… Pour son come-back avec Chic, groupe co-fondé avec le regretté Bernie Edwards, il fait appel à des légendes de la pop tels que Craig David, Elton John ou Lady Gaga mais aussi de nouveaux venus comme Anderson.Paak ou Vic Mensa, déjà des figures du hip-hop de Chicago, l’envoûtante chanteuse Emeli Sandé ou le producteur de musique électronique Mura Masa. Depuis Freak out, Nile Rodgers et Chic, véritables princes du cool, n’ont rien perdu de leur feeling.

Autre come-back à la Rockhal, treize ans après avoir inauguré la grande scène pour sa soirée d’ouverture, celui des anglais de The Prodigy. Pionniers d’un style musical entre techno et metal qualifié de « big beat », les membres de The Prodigy ont fait vibrer les tympans avec une énergie nouvelle dès leur formation en 1990, au début de l’âge d’or des rave-parties. Comment oublier les hymnes cyberpunk de Music for the jilted generation ou de The Fat of the land ? Avec leur son offensif et leur imagerie déjantée et frénétique, The Prodigy met la barre très haut en termes d’intensité. Écouter leur musique revient à se lancer dans des montagnes russes déglinguées parsemé de flash-backs décadents comme dans le clip controversé de Smack my bitch up, dont l’atmosphère habite celui de I Need some 1, leur dernier single annonciateur de No tourists, album sorti au début du mois.

Changement d’ambiance avec Charlie Winston qui appelle à des moments plus chaloupés et lumineux sur The Weekend, single issu de son dernier album Square 1, sorti à la fin du mois de septembre. On a tous fredonné Like a Hobo, premier single du chanteur et guitariste datant de 2009, époque où son succès, sur le label Atmosphériques, est encore essentiellement francophone. Sur son quatrième opus, toujours entre blues et pop-folk, Charlie Winston aborde sur Square 1 des thèmes comme le Brexit, le réchauffement climatique, le harcèlement scolaire ou la question des réfugiés. Des textes nés lors d’une retraite forcée où l’artiste, dont la carrière a failli stopper à cause de problèmes de santé, semble être revenu d’autant plus inspiré, avec une certaine sagesse, pour livrer de nouvelles chansons où son sens du rythme et son groove tranquille sont toujours bel et bien là.

La chanteuse Lauryn Hill, emblème de la scène soul et hip-hop américaine, fêtera un anniversaire à la Rockhal : celui de son premier album The Miseducation of Lauryn Hill. D’origine jamaïcaine, Lauryn Hill fait ainsi ses premiers pas en solo après avoir été la voix des Fugees avec Wyclef Jean et Pras Michel au milieu des années 90. Personnage solaire, elle fera de cet album un énorme succès critique et public avec des chansons alliant la puissance émotionnelle de la soul et la force rythmique et revendicatrice du hip-hop. Aux Grammy awards de 1999, elle bat tous les records avec cinq nominations. Lauryn Hill s’inscrit dans une longue tradition de femmes fortes, surdouées et engagées, de Billie Holiday à Nina Simone en passant par Erykah Badu et Beyoncé. Comme elles, elle a su ajouter à sa ferveur un talent pour renouveler et transcender tout un courant musical. Une grande dame à la Rockhal en ce mois de décembre qui nous offre un Noël avant l’heure.

Nile Rodgers & Chic le 6 décembre
The Prodigy le 8 décembre
Charlie Winston le 9 décembre
Ms Lauryn Hill le 14 décembre
à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette
www.rockhal.lu