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Malgré leurs inquiétudes, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat renoncent à porter plainte contre la centrale nucléaire de Cattenom. Une expertise préliminaire leur donnait peu de chance de gagner devant un tribunal français.

Depuis sa mise en service en 1986, la centrale nucléaire de Cattenom en Lorraine est devenue la bête noire des voisins allemands et luxembourgeois. Au nom de ces derniers, le Premier Ministre Xavier Bettel avait déjà même envisagé de proposer à la France une compensation financière en échange de la fermeture du site. Les gouvernements de Sarre et de Rhénanie-Palatinat avaient quant à eux envisagé une autre option à laquelle ils viennent de renoncer. Comme les tractations politiques ne semblent pas aboutir, les deux Länder allemands voulaient porter plainte contre la centrale devant une juridiction française pour obtenir sa fermeture. Ils ont donc commandé une expertise préliminaire. Selon la ministre de l’environnement de Rhénanie-Palatinat Ulrike Höfken et le secrétaire d’état sarrois à l’environnement Roland Krämer, cette expertise aurait bien mis en évidence des risques de sécurité concernant la centrale française. Cependant, elle aurait également prouvé que ces constatations ne suffiraient pas pour prouver la dangerosité de Cattenom devant un tribunal français. En effet, pour obtenir gain de cause, il faudrait que les plaignants soient en mesure de prouver des éléments concrets d’une sécurité défaillante ainsi que la probabilité que de tels incidents graves aient lieu. Selon les représentants des deux Länder, la recherche de ces éléments nécessiterait un laps de temps très long et des coûts très élevés, sans être certains qu’ils soient suffisants pour convaincre le tribunal. C’est pourquoi la Rhénanie-Palatinat et la Sarre renoncent donc à porter plainte contre Cattenom. Cependant, les deux régions ont annoncé prolonger leur combat contre la centrale sur le terrain politique.