Bertrand Pancher en pince pour l’environnement. Ceci n’est pas un slogan, mais le quotidien d’un élu qui a placé l’écologie au cœur de son action politique. Pour le député-maire UDI de Bar-le-Duc, il est grand temps de changer « en profondeur notre modèle de société », à travers le prisme de la démocratie participative.

B-Pancher (© DR)Bertrand Pancher est un homme de conviction. De foi aussi. Il faut en avoir pour se jeter dans l’arène politique à seulement 26 ans. L’enfant de Dompcevrin, dans la Meuse, ne se voyait pas faire autre chose. « Je me suis lancé très tôt dans le syndicalisme étudiant, au détriment de mes études, au grand dam de mes parents. » Très jeune attiré par Alain Madelin, il finira par devenir un disciple de Jean-Louis Borloo. L’ultra-libéral d’hier a fait place à un politicien martelant que le développement est à la fois « économique, social et environnemental, et qu’il doit s’appuyer sur de profondes règles ».

Son destin semblait tracé dans ce département qui l’a vu naître il y a 56 ans, et qu’il lui était inconcevable d’abandonner pour un strapontin national. Pour ce fils d’agriculteurs, la terre et le terrain – et le terroir a-t-on envie d’ajouter – ne font qu’un. La première est à l’origine du profond respect qu’il témoigne envers la nature, au point où il en fera un cheval de bataille, à la tête par exemple du Pôle écologie de l’UDI, sa famille politique. Encore aujourd’hui, il lui arrive d’accompagner son père à la pêche ou aux champignons… « Il a toujours ses ruches et il élève encore des hirondelles », ajoute-t-il à propos de celui qui lui a appris, avec sa mère, à être généreux.

Tout remettre à plat pour regagner la confiance d’un peuple « défiant envers le pouvoir et ses systèmes de décision »

Le terrain lui a permis de faire ses armes dans une saga qui n’a rien à envier à la série Dallas et son « univers impitoyable »), et de gravir très vite les échelons pour devenir maire de Bar-le-Duc, à 36 ans. Sur son CV également, un mandat à la tête du Conseil général de la Meuse, et une entrée à l’Assemblée nationale en 2007, un hémicycle où il sera reconduit cinq ans plus tard. Un autre cadre, d’autres enjeux, et « un enrichissement considérable » sur le plan personnel. C’est dans cette enceinte, où il intégre la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, qu’il prend le pouls de son pays, « avec ses atouts et ses opportunités ». Ses ombres aussi. Le responsable est ainsi confronté au gouffre « qui sépare de plus en plus les électeurs de leurs élus ».

Dans la carrière politique de ce père de quatre enfants, il y a deux domaines dans lesquels il s’est beaucoup investi. L’écologie et la concertation. Ou, dit autrement, les questions environnementales et la démocratie participative. « Les deux m’ont fait comprendre qu’il fallait réorienter notre modèle de société », assène le président et fondateur de l’association Décider ensemble, destinée à promouvoir le dialogue entre les décideurs et les citoyens. Les attentats de janvier l’ont d’ailleurs convaincu de raffermir le lien entre les deux camps. Car il devient impératif à ses yeux de tout remettre à plat pour regagner la confiance d’un peuple « défiant envers le pouvoir et ses systèmes de décision ». Il planche d’ailleurs sur « une journée d’échange citoyenne et républicaine dans toutes le communes », pour réveiller la parole et « éviter que des phénomènes comme celui que l’on vient de vivre s’amplifient ». La récente adoption à l’Assemblée nationale de la loi Macron, après un passage en force nommé 49-3, a bien évidemment déplu à cet apôtre du consensus. L’intéressé n’est pas tendre avec ce texte qui met en péril, selon lui, les petits commerces, et « risque de mettre les territoires en compétition ». Dans un billet posté en décembre sur son blog, il a d’ailleurs tiré à boulets rouges sur ce projet « réalisé à la va-vite et qui donne le sentiment d’être un fourre-tout ». Il pilonne notamment le nouveau cadre pour le travail du dimanche, la grande injustice de cette loi à ses yeux. « Si l’on veut vraiment donner du boulot à tout le monde, il n’y a qu’à remettre à plat les 35 heures, et adopter un système social qui soit cohérent », tacle le député. CQFD.

Il est un fervent partisan de la fiscalité environnementale et défenseur de la biodiversité, « la grande oubliée »

Et l’environnement dans tout ça ? Il en déborde. Fervent partisan de la fiscalité environnementale et défenseur de la biodiversité, « la grande oubliée », Bertrand Pancher veut faire de sa ville une éco-cité, et milite, à l’échelon national, pour la création d’une société de services en économie d’énergie « pour proposer des produits clé en main chez les particuliers ». Très actif sur le front du développement durable, il a notamment participé, en qualité de représentant de l’Assemblée nationale, à la Conférence sur le climat de Durban, en 2011. L’occasion de le questionner sur celle qui se tiendra à Paris en décembre prochain, et qui apparaît un peu comme le rendez-vous de la dernière chance. « Cela va être une grande foire sur le climat et il ne va pas en sortir grand-chose, une fois de plus », pronostique-t-il, sans dénigrer l’utilité de cette prise de conscience internationale. « Je me réjouis de cette conférence, mais je me réjouirais encore plus quand tous auront partagé le constat qu’il faut réorienter l’Organisation mondiale du commerce en intégrant le coût du carbone dans nos échanges. » Nul doute que sur ce sujet, la foi qui l’anime lui sera d’un grand secours.


RÉJOUISSANCES ÉCONOMIQUES

safran-moteur (© Safran)« Un député heureux, qui croit dur comme fer en l’avenir. » Lors de la cérémonie de ses vœux de parlementaire à Sampigny, Bertrand Pancher avait sans doute à l’esprit les belles vendanges économiques de la Meuse en 2014. L’élu n’hésite pas à parler de « miracle » en évoquant ce millésime à l’arrière-goût de Trente Glorieuses. « C’est du jamais vu dans notre histoire industrielle récente », poursuit le maire de Bar-le-Duc avec enthousiasme, en repensant aux bonnes nouvelles qui ont émaillé l’actualité locale. Dans sa Lettre aux Meusiens publiée sur son site en janvier, sous le titre L’optimisme est de rigueur, il revient sur ces cadeaux qui ne sont pas tombés du ciel, mais résultent, selon lui, « de décisions prises par des élus lucides et clairvoyants, et qui se sont parfois battus contre vents et marées pour voir aboutir ces projets ». Il pense notamment au Centre d’enfouissement des déchets nucléaires, à Bure. « On a pris nos responsabilités » assène-t-il à propos de ce dossier controversé, qui doit déboucher sur la création de 2 000 emplois (directs et indirects) d’ici à 2025. Il y a aussi l’inauguration de l’usine Safran-Albany, sur les terrains laissés vacants par le 8ème Régiment d’artillerie, après son départ en juin 2013. Ou encore les 100 millions d’euros injectés par le groupe CMI, avec une centaine d’emplois à la clé. L’investissement, d’un même montant, de la société chinoise Shenan, spécialisée dans les LED, dans la vallée de l’Ornain, lui donne également le sourire, tout comme le chantier de la RN135 (lié au désenclavement de Bar-le-Duc), la création d’un centre de recherche et développement par le groupe Arélis, à proximité de la gare Meuse TGV, ou encore l’extension de la plateforme EDF à Velaines, pour 24 millions d’euros, avec quelques dizaines d’embauches dans la besace. Autant de projets qui ne devront pas se faire au détriment des PME locales, prévient le député-maire, alors qu’une autre période faste, celle des travaux, se profile à l’horizon.