(© Luc Bertau)
Conseillère départementale du canton de Metzervisse et vice-présidente du Département chargée du Tourisme, Isabelle Rauch avance avec une vision différente de la politique. Dans les starting-blocks pour les législatives sur la circonscription de Thionville-Ouest, au nom de l’UDI, elle combat « les clivages dus aux ego ».

Au Parti Socialiste, elle y était entrée en 1997 « parce que je ne voulais pas laisser faire les choses. Je voulais changer le monde et d’abord je voulais le comprendre. J’avais envie de participer et de prendre mes responsabilités ». Son franchissement du Rubicon, en 2014, lorsqu’elle rallie l’UDI et la majorité au Conseil départemental de la Moselle, a agité, un temps, le petit monde politico-médiatique. Trois ans après, quelques anciens camarades lui décochent encore, ici ou là, quelques vacheries. Tous les autres sont passés à autre chose.

S’ils ont classé si vite cet épisode de la vie politique mosellane, sans doute est-ce parce qu’Isabelle Rauch l’a assumé comme une évolution logique, une évidence, une mise au point : « Quand l’opposition vote tout avec la majorité, sauf le budget, cela n’a plus aucun sens. Le politique-roquet qui mord le bas des pantalons, ce n’est pas ma conception de la vie politique ». Sa conception s’appuie sur quelques principes simples. À commencer par le principe qui consiste à ne pas s’enfermer dans les principes ! « Nous devons nous rendre compte que le monde évolue et nous devons prendre en compte la réalité du terrain ».

Une hyper pragmatique qui veut rompre avec la politique qui parle aux électeurs « comme à des petits enfants » : « Je parle à mes électeurs comme à des adultes, ce sont des gens responsables ». Son parcours professionnel, inhabituel en politique, l’a aidé à se forger cette conviction du tout-terrain. « Le politique-roquet qui mord le bas des pantalons, ce n’est pas ma conception de la vie politique »Visiteuse médicale, puis chef d’entreprise, elle coache des salariés, en équipe ou en individuel, et les forme aux relations-clients. « Je dis souvent à ces salariés, à ces stagiaires : battez-vous avec ce que vous êtes, mais pas contre vous ». C’est à peu de choses près le message qu’elle tente de distiller dans sa vie publique : « Si on pouvait déjà s’écouter… ! Il faut qu’on dépasse les clivages dus aux ego, que l’on fasse de la politique pour ! Pas contre quelque chose ou quelqu’un ».

De lassitude, de cette vie politique malade de ses vieux carcans, sans doute est-elle victime de temps en temps. Pas longtemps. Son caractère n’est pas programmé pour la complainte : « Je suis positive. Plus positive qu’optimiste d’ailleurs ». Une positive-attitude qui va bien avec son rire. Et avec ses mots, atypiques, eux aussi, dans ce monde politique au langage codé et corseté. Isabelle Rauch : « Il faut amener les belles choses dans la lumière, amener les gens vers l’excellence, regarder les atouts plus que les handicaps. La pensée positive, ce n’est pas nier la réalité ». Et elle boucle son laïus : « Yes, we can ! ». Et elle sourit, et elle reprend, revient sur son travail de coach auprès des salariés : « Le cerveau humain est extraordinaire. Moi je suis catalyseur, accompagnateur, mais c’est à eux de prendre leur vie en main ». Message quasi identique, bien que plus soft, en direction de ses concitoyens : « Les Mosellans doivent comprendre et percevoir pleinement les richesses et les atouts nombreux de la Moselle ».

Une Moselle en capacité de faire briller, par le tourisme notamment, son identité propre, c’est le pari qu’elle a engagé aux côtés du président Weiten. L’instauration récente de l’agence Moselle Attractivité, réunion de Moselle Développement et de Moselle Tourisme et des acteurs territoriaux, découle d’une même volonté, d’un même état d’esprit : la Moselle est un trait d’union entre les territoires et la Région. Mais la concernant, la Moselle est aussi un territoire, un produit, une marque en capacité de bien se vendre. Yes, we can vraiment !

Plus que son parcours, son étiquette et ses projets, probablement sa personnalité est son atout majeur auprès des électeurs. Elle est carrée, spontanée, lucide. Cela suffira-t-il à déloger en mai prochain Michel Liebgott, député sortant socialiste fin connaisseur, lui aussi, du terrain ? Il est probable que d’autres critères, d’autres facteurs, liés à une élection présidentielle forcément turbulente, s’invitent d’ici là. We can peut-être.