Quartet (© DR)Parmi les deux derniers spectacles sélectionnés in extremis par les « Passagers », Deux ampoules sur cinq, un magnifique portrait d’Akhmatova et de Tchoukovskaïa, et le roumain Quartet pour un microphone, c’est sans doute ce dernier qui est l’un des plus intrigants. Pendant une heure, deux danseurs et une danseuse évoluent dans une cabine téléphonique. Un DJ joue en live et les accompagne. Chaque représentation diffère alors, tant la promiscuité est grande, impliquant torsions, contorsions, lutte pour l’espace, rapport de force.

Vava Stefanescu, directrice du Centre National de Danse de Bucarest, chorégraphie cette création. Il y est question de notre relation à l’autre. Voisinage, entraide, espace vital, mais aussi confinement, écrasement, mise en danger, dans une buée qui s’épaissit et participe à notre interrogation. Dans cette cabine téléphonique, on danse, on parle, par onomatopées souvent, on s’émeut, on se révolte, on s’aime aussi, entre la réalité de ce qu’elle laisse entrevoir, et la fiction de ce qu’on y devine. Le public assiste, en cercle, à ce débat des corps sur une musique de Vlaicu Golcea, compositeur reconnu en son pays pour ses musiques de théâtre et de danse.