(© Mensuel L’Estrade)
Jean-François Walas ne dit jamais non pour un bon bouquin ou une séance de cinéma. Lecture et 7ème art se disputent les faveurs de ce médecin généraliste installé à Metz, qui ne refuse pas non plus un bon repas entre amis, avec ses discussions animées, ses franches rigolades, et parfois ses belles rencontres.

Dans sa famille, on était mineur de fond depuis quatre générations. Jean-François Walas n’a pourtant jamais goûté à ce travail de forçat. Du haut de ses 4 ans, il faisait déjà bouger les lignes généalogiques. « Je disais à tout le monde que je voulais être docteur », raconte ce fils de Polonais. L’enfant de Douai dans le Nord a tenu parole, finissant par épouser une carrière dans la médecine, avec un premier poste de remplaçant occupé… chez les mineurs de fer à Briey ! La sempiternelle ironie du destin. Quand il n’est pas à son cabinet, rue des Bleuets dans le quartier de Metz-Vallières, c’est souvent dans les pages d’un livre ou le fauteuil d’une salle de cinéma qu’il part se réfugier ou s’évader. En dehors de ses deux filles, il récolte le bonheur sur le champ nourricier de ces deux passions. Pas un hasard s’il rêve en secret d’ouvrir une librairie, pour la proximité avec les clients et le plaisir de partager ses découvertes littéraires avec eux. C’est aussi entouré de vieux complices qu’il apprécie la vie, avec une prédilection pour les repas où elle devient gloutonne, « ceux qui durent » glisse-t-il, ayant en mémoire quelques épisodes où des gens d’horizons divers communient sur l’autel de la bouffe et de la franche camaraderie.

LE BONHEUR DES TRISTES de Luc Dietrich : « Une authentique poésie »

Il aurait pu citer Céline, qu’il adore, mais Jean-François Walas dépoussière Le bonheur des tristes, de Luc Dietrich, publié en 1935, qui sera suivi, quelques années plus tard, de L’apprentissage des villes. Si le premier évoque l’enfance et l’adolescence de cet écrivain français mort très jeune, le second s’attarde sur son passage à l’âge adulte. Notre médecin en retient « une authentique poésie », évoquant cette capacité délectable « à nous faire ressentir les faits et les atmosphères ». Son style d’écriture l’a aussi marqué : « On sent l’évolution de l’homme qu’il devient à travers sa façon d’écrire, je trouve ça très fort », ajoute-t-il à propos de ces deux ouvrages découverts lors d’une bourse aux livres alors qu’il était étudiant.

DRACULA de Francis Ford Coppola : « La plus belle histoire d’amour »

« La plus belle histoire d’amour que j’ai jamais vue au cinéma. » Si Jean-François Walas s’enflamme, c’est à cause de Coppola et de sa version très esthétique de Dracula (1992). « Cet amour à travers le temps me touche beaucoup, et le cinéaste arrive à nous rendre cette passion crédible malgré sa dimension fantastique », souligne-t-il. Plus récemment, c’est le film Youth, du réalisateur italien Paolo Sorrentino, qui l’a émerveillé. « Un choc ! », clame-t-il en repensant à cette histoire sur le temps qui passe et ses effets inaltérables sur le corps humain. Un long-métrage que le Messin recommande chaudement : « Il faut le voir à tout prix. Visuellement, c’est une belle réussite ! »

DAZED AND CONFUZED de Led Zeppelin : « Un morceau très original »

Si vous lui demandez quel est son groupe préféré, il y a de fortes chances que Jean-François Walas vous réponde Led Zeppelin. Pourtant, il fut une époque où il vibrait pour les Rolling Stones. Il se souvient de la mort de Brian Jones, des auditions de Jagger et sa bande pour lui trouver un successeur, et de la non sélection de Jimmy Page, « car il ne cadrait pas avec l’esprit du groupe ». On connaît la suite : le recalé fondera une des formations les plus mythiques de l’histoire du rock. Le toubib a choisi la chanson Dazed and Confused, extraite de leur premier album éponyme, pour son originalité. « Un mélange de rock, de psychédélique et de ce qui débouchera par la suite sur le hard rock. » Plus de 40 ans plus tard, il ne s’en lasse pas.