Cracovie-(©-123RF)Considérée comme une des 12 plus belles villes au monde par l’UNESCO, la capitale de cœur des Polonais émerveille à plus d’un titre. De son centre historique à sa colline du Wawel, en passant par son quartier juif très animé, ce joyau urbain se croque très facilement à pied. De quoi accentuer la magie ambiante.

Ni le communisme, ni les diverses invasions, notamment celle (de triste mémoire) des Nazis, ne seront parvenus à effacer les beautés de Cracovie. Capitale de cœur des Polonais, et du pays jusqu’au 16ème siècle, cette ancienne ville royale aux multiples visages n’a pas volé sa réputation de joyau de l’Europe centrale, au même titre que Prague, en République Tchèque. Si l’on vante souvent les charmes de la seconde, la première n’a rien à lui envier. Ses palais, églises et autres musées en témoignent, dans des styles qui vont du gothique au baroque en passant par la Renaissance, d’où ce charme italien chevillé à son charisme.

Le plaisir est d’autant plus glouton que cette élégante cité de 750 000 habitants bordée par la Vistule se donne sans résister au marcheur, notamment son centre historique, presque intégralement piétonnier. Inutile de préciser que ce concentré de merveilles architecturales mérite le détour et les attributs élogieux qu’elles inspirent. À commencer par Rynek Glowny, la plus grande place médiévale d’Europe. L’endroit idéal pour musarder et prendre un verre, ce site remarquable étant cerné de nombreux cafés. L’ancienne Halle aux draps du 14ème siècle et l’église Notre-Dame-Sainte-Marie, un des symboles de la cité, sont d’autres trésors révélés par le Vieux Cracovie.

Surplombant la vieille ville, la colline du Wawel abrite elle aussi quelques monuments d’envergure. Sa cathédrale, reconstruite au 14ème siècle dans un style gothique, est de ceux-là. Elle qui a vu le couronnement de tous les souverains polonais abrite désormais un mausolée dédié aux rois et aux grands hommes du pays. Outre ce panthéon polonais, on peut aussi visiter le château du Wawel, rebâti pour sa part au 15ème siècle, qui évoque la splendeur des palais italiens de la Renaissance, avec notamment son impressionnante cour à arcades.

Centre intellectuel de la Pologne, Cracovie est aussi reconnue pour être une métropole universitaire. Et cela ne date pas d’hier ! Pour preuve l’Université Jagellonne, une des plus vieilles d’Europe centrale (1364), qui compte parmi ses pensionnaires les plus illustres l’astronome Nicolas Copernic et le pape Jean-Paul II. Cette dimension étudiante lui confère un caractère très animé. Dans ce registre, le quartier juif de Kazimierz se démarque très clairement. Bohème et branché, l’endroit regorge de bars, cafés, restaurants et autres boîtes de nuit qui combleront les noctambules. On y trouve aussi de nombreuses synagogues et cimetières, dont celui de Remuh, un des plus beaux d’Europe. Pour l’anecdote, ce quartier où a vécu le réalisateur Roman Polanski a fourni une partie des décors du film La liste de Schindler, de Steven Spielberg. Des visites guidées permettent d’ailleurs de revenir sur les lieux de tournage.

Enfin, si vous avez un petit creux, les occasions ne manquent pas pour découvrir la cuisine locale, réputée copieuse, avec entre autres une grande variété de soupes. Le U Stasi, une vieille cantine familiale au charme pittoresque, est une des bonnes adresses pour goûter aux plats typiques et à moindres frais, comme les pierogis, sorte de raviolis fourrés de choux et de champignons, le bigos, un ragoût aux choux considéré comme le plat national polonais, ou encore l’incontournable Barszcz, une surprenante soupe de betteraves. Authenticité garantie !


NOWA HUTA L’AUTRE CRACOVIE

CRACOVIE-NOWA-HUTA-(©-123RF)Située à quelques kilomètres du cœur historique de Cracovie, Nowa Huta symbolise le communisme triomphant incarné par Staline au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Construite dans les années 50 autour d’un vaste complexe industriel, elle fut la première ville polonaise à adopter le modèle architectural du grand frère soviétique, mais, et c’est à noter, sans la moindre église ! Il a fallu attendre 1977, sous la pression de la population, et avec l’aide de celui qui allait devenir pape, Karol Wojtyla, pour que l’erreur soit réparée.
Ce quartier très peuplé mérite le détour si l’on veut savoir à quoi ressemblait la Pologne d’avant 1989 (date des premières élections libres). Il émanait de ce projet de grande ampleur une dimension politique, puisqu’il permettait de faire contrepoids à la bourgeoisie cracovienne, un condensé de vieilles traditions pour le gouvernement communiste. Antithèse de l’aristocratie locale, Nowa Huta (qui signifie «la nouvelle fonderie») s’inscrit dans le plus pur style du réalisme socialiste, un mouvement artistique qui considérait que l’art devait être accessible et compréhensible pour l’ensemble du prolétariat.
Si cette cité peut sembler austère, elle donne le change avec ses espaces verts, très nombreux, d’où un contraste saisissant entre le béton et la verdure. Côté sorties, elles s’avèrent limitées mais la visite du Stylowa, situé sur la place centrale, est un incontournable. Véritable institution, ce restaurant construit en 1950 n’a pas changé depuis. Les soirées dansantes du week-end s’avèrent inoubliables dans ce décor suranné.