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Porté par trois structures en recherche et innovation (LGIPM, DITEX et TECH3D) du Grand Est, le projet Care Equipment Technology vise à développer des innovations dans le domaine de la santé. Un robot désinfecteur ainsi qu’une chaine logistique circulaire de désinfection des sols, de l’air et des masques usagés, sont en cours de développement. Ces innovations qui permettront de mieux vivre avec le virus, s’adressent aux hôpitaux et aux EHPAD mais aussi aux entreprises et aux écoles.

« Dès le début du confinement lié à la pandémie de la COVID-19, notre laboratoire de génie informatique, de production et de maintenance (LGIPM) et l’UPS DITEX (Digital Industry Tools Experts) issue de l’initiative de l’Université Lorraine et Dassault Systèmes, se sont engagés dans le développement de solutions de santé en partenariat avec la société mosellane TECH-3D du Grand Est », explique Nidhal Rezg, professeur des universités, directeur du LGIPM. Cela s’est concrétisé par l’activation du projet Care Equipment Technology qui s’articule autour d’innovations majeures pour des dispositifs intelligents destinés à la santé. Deux innovations sont en cours de développement.

La première qui relève directement du traitement de l’épidémie COVID-19, est un respirateur à Ventilation Non-Invasive. Ce respirateur a pour atout d’être duplicable par impression 3D ce qui permet de le construire pour un coût inférieur à 180 euros contre 4000 euros pour un aspirateur industriel, comparable en termes de fonctionnalités. Doté d’un système innovant de piston, avec 3 modes de fonctionnement, il répond, bien entendu, aux exigences les plus strictes des CHR. Cette innovation fait actuellement l’objet de recherches complémentaires, l’ambition étant de développer, à partir du respirateur, un dispositif destiné au traitement de l’apnée du sommeil.

La seconde innovation s’inscrit dans une phase post-Covid, quand il nous faudra vivre avec le virus. Il s’agit d’un dispositif de désinfection des masques, de l’air et des surfaces qui repose sur deux outils en cours de développement : une chaine logistique circulaire de désinfection des masques avec une application d’alerte et un robot désinfecteur. Du fait de leur concept technologique et de leurs faibles« Nous souhaitons désormais adosser le développement de ces équipements et solutions de santé à une approche territoriale collaborative ». coûts d’acquisition, ces dispositifs sont adaptés aux politiques de santé à engager dans les territoires ruraux et à leurs défis sanitaires actuels et futurs, en matière de désinfection dans les EHPAD et les hôpitaux mais également dans les établissements scolaires, les entreprises, les espaces polyvalents et de spectacles…

« Le robot désinfecteur, autonome, scanne l’environnement à l’aide de capteurs spéciaux et crée une carte numérique des locaux à désinfecter. Il suffit ensuite de lui préciser les pièces qu’il devra traiter. Une trajectoire de désinfection est alors calculée par notre dispositif à travers un module d’optimisation du circuit de désinfection. Ce module d’optimisation utilise les méthodes de l’Intelligence Artificielle (IA). Les pièces sont alors désinfectées entre 10 et 15 minutes par salle, de manière totalement autonome », explique Nidhal Rezg.

En ce qui concerne la désinfection des masques de protection usagés, elle se fera par une exposition à du peroxyde d’hydrogène vaporisé VHP (qui élimine le virus en 10 minutes), dans le cadre d’une chaine logistique circulaire permettant de récupérer les masques utilisés, de les trier afin de détecter une contamination à la COVID-19 via un réactif utilisé dans les tests antigéniques, puis de les désinfecter. Les masques contaminés par le coronavirus sont éliminés du circuit et une alerte est envoyée à son porteur en utilisant un étiquetage des masques. « Cette idée qui s’inscrit dans une logique de développement durable, est fortement motivée par la pénurie observée en masques de protection mais aussi par l’impérieuse nécessité de récupérer les masques usagés afin d’éviter une propagation de la COVID-19. Malheureusement, on retrouve des masques usagés sur la place publique », expliquent les chercheurs.

« En quelques mois, nous avons déjà bien avancé sur différents prototypes et souhaiterons pouvoir concrétiser ces innovations en cohérence avec les besoins de nos territoires », souligne Nidhal Rezg « nous souhaitons désormais adosser le développement de ces équipements et solutions de santé à une approche territoriale collaborative ». En Moselle, le Saulnois, qui offre tous les cas de figure de valorisation sanitaire des équipements innovants évoqués ci-dessus, est notamment identifié comme un territoire d’expérimentation idéal, compte tenu de la présence du pôle Saulnois innovation animé par un collectif d’acteurs : collectivités territoriales, organismes et professionnels de santé, associations… Au-delà de son impact positif sur le plan sanitaire, le projet Care Equipment Technology s’inscrit pleinement dans le cadre du plan de relance du Grand Est et de ses enjeux sociaux, économiques et territoriaux. L’aboutissement du projet Care Equipment Technology permettra également de créer de 4 à 6 emplois, pour commencer.