Sylvain Villaume, fondateur et directeur de la publication de la revue Court Circuit

Nouvel objet dans le paysage médiatique du pays messin, la revue Court Circuit annonce « l’avènement du grand reportage au coin de la rue ». Pour le premier numéro de ce magazine de 140 pages associant articles longs et esthétique soignée, un thème qui résonne comme un appel : À table !

Au moment de notre entretien, alors que le numéro 1 de Court Circuit est encore sous presse, son directeur de la publication Sylvain Villaume faisait le tour des librairies messines. Des lieux où il a découvert des années auparavant les premiers mooks (contraction de magazine et de book) comme la Revue XXI, et qui constitueront les points de diffusion privilégiés de Court Circuit. « Les mooks contiennent toutes les formes de journalisme que j’aime : de grands reportages au style littéraire affirmé, illustrés avec soin » explique ce journaliste passé par Le Républicain Lorrain pendant seize ans, puis par La Semaine avant une parenthèse à la tête des publications municipales de la Ville de Metz. Ces deux dernières années, vous pouviez retrouver sa plume dans les pages de l’Estrade et de Bonnes Terres. Lui qui n’a jamais vraiment assouvi son goût pour le grand reportage a fini par se décider à créer lui-même une publication dédiée au récit : Court Circuit est le premier mook messin. « Son titre évoque la proximité mais aussi quelque chose qui éclaire et qui surprend, indique-t-il. L’idée est de ramener les lecteurs vers une information qui prend son temps, de les séduire avec un bel objet, l’objectif ultime étant de dresser un portrait contemporain de Metz et son bassin de vie ».

Le thème de cette première édition : la gastronomie, la gourmandise, les produits locaux de qualité et ceux qui les font. L’une des grandes passions de Sylvain Villaume mais aussi un sujet fédérateur. « Les gens sont de plus en plus attentifs à ce qu’il y a dans leur assiette, dit-il. Notre premier numéro évoque nos habitudes de consommation et dévoile de nouveaux visages à Metz et environs, à travers des sujets qui présentent des produits, des pratiques mais aussi des identités ». Au sommaire : le boom de la gastronomie végétarienne, un reportage au royaume du kebab, la « nouvelle vague » des restaurateurs messins… des reportages de plusieurs pages, mais aussi le récit dessiné de Charlie Zanello, un texte aux allures de polar signé Vianney Huguenot ou encore la visite des vergers du village de Vezon par l’auteur de romans policiers Raoul Nèje. Des profils diversifiés avec un seul impératif : « être à l’aise dans des récits qui croisent les codes du journalisme et de la littérature » décrit Sylvain Villaume, qui insiste également sur l’importance accordée à l’identité graphique, entre photos et illustrations, avec Xavier Pompelle du bureau de design graphique Nouvelle Étiquette, en tant que directeur artistique.

Sylvain a déjà quelques idées de thèmes pour les prochains numéros. « Nous faisons le pari de séduire les lecteurs par notre traitement, pas nécessairement par le thème : quelqu’un qui n’aime pas forcément le sport par exemple pourra être attiré par la ligne éditoriale de Court Circuit ». Autre pari : faire un magazine sans publicité. En plus d’un choix esthétique, il s’agit surtout d’une « nécessité éditoriale » explique le directeur de la publication. « Je suis déterminé mais humble : je ne donne pas de leçons à ceux qui ont choisi ce modèle économique, précise-t-il. À tort ou à raison, la publicité est l’une des raisons pour laquelle la presse a perdu de sa crédibilité auprès de certains lecteurs. J’essaie un autre modèle ». Avec un premier tirage à 2000 exemplaires, Court Circuit mise beaucoup sur le bouche-à-oreille, son identité et son esthétique. À l’heure de l’info en ligne, le mook messin veut nous éviter l’indigestion en nous incitant à remettre la main, avec gourmandise, sur du bon papier.                       

Disponible dans les librairies indépendantes à Metz

et sur www.revuecourtcircuit.fr