Laetitia-Martel-(©-Maxime-Perrotey)

Laetitia Martel, directrice de la communication à la Ville de Saint Dié (©-Maxime-Perrotey)

Directrice de la communication à la Ville de Saint-Dié, dans les Vosges, Laëtitia Martel a un faible pour les cafés à l’ancienne, avec leur galerie de portraits attachants et leurs rencontres improbables. Des lieux de vie que cette farouche adversaire des idées préconçues aime respirer au gré de ses trajectoires. 

Sur le CV de Laëtitia Martel, des études de philo, un emploi d’enseignante en français dans un collège de ses Vosges natales, un poste de directrice de la communication à la Ville de Saint-Dié, qu’elle occupe depuis 2014… mais aucune trace de son goût prononcé pour les cafés. Car elle les aime, ces endroits, jusque dans les lignes d’un roman qui en libère le parfum onctueux. Elle assiste sans une once de lassitude aux concertos humains qui s’y déroulent, les sens en éveil et une réelle tendresse pour les ambiances surannées qui prennent le comptoir à témoin dans les plus vieux d’entre eux. « Ce sont des plaisirs simples », lâche cette Déodatienne pure souche en évoquant ses errances dans ces ports d’attache qu’elle compare à des cocons. Adversaire coriace des préjugés et mère de famille accomplie, Laëtitia Martel dit aimer la vie pour « les rencontres qu’elle nous offre parfois, plus ou moins marquantes ». Elle apprécie tout autant les virées en forêt, les poumons assoiffés, consciente que son cadre de vie lui offre la possibilité d’aller respirer le sapin et de se ressourcer à quelques minutes seulement du ronron urbain. Une passion ? Oui, sa fille. « Mon échappatoire. Et mon ami, mon équilibre… » On la croit sur paroles.

LE CAFÉ DES CERTITUDES de Philippe Claudel  » Un livre hors du temps »

Déjà, il y a un café. Suffisant pour attirer son attention. « Je suis entrée dans ce livre comme dans un café justement », raconte la Vosgienne. Une fois à l’intérieur de cet Excelsior dépeint par Claudel, elle s’est tout de suite sentie à son aise. « On retrouve l’ambiance typique de ces bistrots qui ont une âme, hélas de moins en moins nombreux. On a l’impression d’être dans un cocon hors du temps et ça fait du bien. » Laëtitia Martel a aussi été touchée par le style poétique de l’auteur des Âmes grises dans ce bouquin relatant les meilleures années d’un petit garçon de huit ans passées dans le café de son grand-père. Avec, tout autour, « une galerie de personnages du quotidien, qui ne sont pas des héros… ».

LA TÊTE EN FRICHE de Jean Becker  » Un film rassurant « 

On quitte le café pour Depardieu. Une autre façon de faire réagir notre directrice de la com, attendrie par les débordements et la générosité de cet écorché vif dont elle vante les qualités d’acteur. « C’est un de mes films fétiches », glisse-t-elle à propos de cette histoire d’une rencontre improbable pleine de tendresse. Celle qui unit un quadra presque analphabète à une vieille dame cultivée et passionnée de voyages, qui va lui redonner le goût de lire. « Je n’aime pas les idées toutes faites, les a priori, et c’est pourquoi j’aime La Tête en friche, car il rapproche deux êtres qu’on pense différents. Quelque part, ça me rassure », ajoute cette partisane des rapports humains basés sur la simplicité.

BREST de Miossec  » Une chanson exutoire « 

On atterrit en Bretagne. Le dernier coup de cœur de Laëtitia. « Si un jour je devais partir, ce serait là. » Là, et plus particulièrement dans le Finistère, terre natale et tourmentée d’un certain Miossec. « Encore un écorché ! » confie-t-elle en souriant à propos de cet artiste qu’elle classe parmi les amoureux du texte. La chanson Brest, présente sur l’album 1964, elle la fredonne souvent. « J’aime sa mélodie et son refrain qui donne l’impression d’être face à une tempête qui se déchaîne. C’est comme dans la vie, quand on ressent le besoin de faire sortir la colère… » Pourquoi cet amour de la Bretagne ? « Pour le caractère bien trempé et de bons vivants de ces habitants. Ils me rappellent les Vosgiens. »