Ben Harper © Gavin Conat

Deux légendes se succéderont ce printemps sur la scène de la Rockhal : Steve Hackett, ex-guitariste  de Genesis, qui en solo développe sa technique unique et son goût pour un éclectisme électrique, et Ben Harper, prophète d’un blues-rock moderne et poétique augmenté par l’héritage de la black music.

Steve Hackett fut l’un des artisans majeurs de Genesis, à la fois guitariste et compositeur lorsque la formation britannique comptait dans ses rangs Peter Gabriel et Phil Collins. Musicien polyvalent, il a intégré aux titres de Genesis des influences jazz, musiques du monde et blues sur des albums encensés comme Selling England by the pound, l’un des disques favoris de John Lennon. Dès 1979 il s’embarque dans une carrière solo pendant laquelle il ne cessa d’inventer de nouveaux sons et de nouvelles techniques, devenant notamment un pionnier du « tapping », technique de jeu où les cordes sont frappées plutôt que pincées. A partir du milieu des années 80, il travaille avec d’autres musiciens reconnus comme Paul Carrick, Bonny Tyler, John Wetton et Brian May, et n’a jamais cessé de porter le flambeau de Genesis en réalisant plusieurs albums et tournées hommage à cette période décisive de sa carrière. En 2019, la sortie de son vingt-sixième album At the Edge of Light coïncide avec l’annonce de sa tournée-phare Selling England by the Pound et le 40ème anniversaire de son album solo Spectral Mornings. C’est le moment où jamais de venir entendre toute le talent d’un musicien qui a toujours préféré la musicalité à la virtuosité technique pour mieux continuer à faire rêver et voyager ses fans.

Pour les adeptes de Ben Harper, le temps est également aux réjouissances. Celui qui est entré au panthéon des musiciens rock contemporains aux débuts des années 90 avec son groupe The Innocent Criminals a annoncé en 2016 sa reformation, après quelques années de séparation. Un nouvel album, Call it what it is, marque ces retrouvailles. Le guitariste et chanteur californien y réunit de toutes nouvelles compositions ainsi que des morceaux plus anciens et inédits revisités par l’artiste et ses musiciens, avec une vision neuve et actuelle, à l’image de la musique consciente de Ben Harper. Marquée par la diversité, sa musique reflète ses propres convictions, multiples et nébuleuses : Martin Luther King, Jimi Hendrix et Bob Marley, autre chanteur légendaire aux prises avec les réalités de son pays, cohabitent au sein de son panthéon personnel. L’artiste est également un adepte des explorations esthétiques : Diamonds and the inside en 2003 marquait un virage plus marqué vers le funk et le reggae, There will be a light aux côtés des Blind boys of Alabama rendait hommage au gospel, et Childhood home, réalisé auprès de sa mère Eileen, aux racines folk de sa musique. En 2018, il s’associait à l’harmoniciste Charlie Musselwhite pour No Mercy in this land, tout en continuant à enflammer les salles avec The Innocent criminals, où il synthétise toutes ses influence : une expérience toujours renouvelée à vivre en live. Robin Zacarie

Steve Hackett le 26 mai, Ben Harper Le 12 juin
à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette
www.rockhal.lu