(© Yann Ohran)
L’un des groupes de rock français les plus emblématiques de la fin des années 90 fait un come-back inattendu sous le signe d’une sérénité retrouvée : Louise Attaque revient avec un quatrième album, Anomalie, et entame une tournée qui passera par la Rockhal le 17 mars à 20h.

Il fallait vivre au fin fond de l’Alaska pour ne pas avoir en tête, en 1997, le tube Ton invitation, sur un album éponyme en forme de nouvelle curiosité du rock alternatif français. La rythmique discrète d’Alexandre Margraff, le violon d’Arnaud Samuel, la basse de Robin Feix et la voix éraillée de Gaëtan Roussel y fusionnaient pour proposer des arrangements presque minimalistes, mettant bout à bout des chansons évoquant un blues parisien bricolé et désenchanté. Boudé par les radios, Louise Attaque, référence à l’anarchiste Louise Michel, fait un carton : avec 2,8 millions d’exemplaires vendus, ils décrochent le record de ventes pour un disque de rock français, encore inégalé aujourd’hui. C’est une pop toute en ombres et lumières qui refait tranquillement surface.La suite est moins rose : le second album, Comme on a dit fait un demi-flop et précipite la séparation du groupe, miné par les divergences artistiques à l’aube des années 2000. Gaëtan Roussel s’investira ensuite dans le groupe Tarmac, et Robin Feix dans Ali Dragon. Après une reformation sans conviction en 2005 puis en 2011, Louise Attaque ressuscite l’an dernier en annonçant un nouvel album et une tournée. « On va essayer de refaire de la musique ensemble » glissait alors le bassiste Robin Feix. L’aventure reprend, motivée par l’envie irrésistible de trois membres du groupe (Alexandre Margraff restant à l’écart), une soif de musique qui habite tout entière un quatrième opus baptisé Anomalie. Celui-ci est enregistré entre Paris et Brighton, avec à la réalisation le jeune Oliver Som, aussi talentueux que méconnu, qui injecte au son du groupe un souffle électro-pop héroïque à la hauteur des ambitions d’une Louise Attaque revigorée. Sur la pochette de l’album, le maigrichon personnage, plaqué sur le mur de ce qui pourrait être une chambre d’ado abandonnée, n’a rien perdu de ses contours et de ses couleurs. Le vibrant La Chute, le bouillonnant Avec le temps, le majestueux Du grand banditisme alternent avec des chansons à la production plus discrète dans laquelle on reconnaît un peu le Louise Attaque des débuts. L’intensité des textes et de la voix de Gaëtan Roussel sont bien là : c’est une pop toute en ombres et lumières qui refait tranquillement surface. Point de retour tonitruant, mais une sincérité et une envie palpable de mettre sur la table les doutes et l’excitation mêlés : une formule qui accouche de ce qui, sous ses airs d’« Anomalie», ressemble plutôt à un joli cadeau, petit objet rock salutaire qui devrait connaître une nouvelle vie sur scène, univers de prédilection d’un groupe qui attend avec impatience les retrouvailles avec son public. 

Le 17 mars à 20h, Grand hall de la Rockhal à Esch-sur-Alzettex
www.rockhal.lu


TOUT D’UNE GRANDE

ZAZ-(©Yann_Orhan)

(©Yann Orhan)

La petite Zaz a fait du chemin depuis les trottoirs parisiens, où elle a fait ses classes en chantant en prise directe avec la capitale dans les rues de Montmartre. Huit ans plus tard, en 2014, alors qu’elle est l’une des jeunes artistes qui enthousiasme le plus l’Hexagone, elle s’offre une version gold de ces chansons populaires entonnées sur le pavé : son album de reprises Paris a des airs d’hommage aux hymnes et aux légendes de la chanson française, où elle accompagnée par un big band avec le parrainage inattendu de Quincy Jones, qui réalisera une partie des titres de l’album. Celui-ci percevra dans son chant l’âme du blues et du ghetto, tandis que Charles Aznavour y voit la digne héritière des grandes voix d’après-guerre. Une forme de consécration précoce pour celle qui s’est toujours définie comme une chanteuse populaire, et affectionne également puiser dans le gospel, le swing manouche, le tango ou les rythmes afro-cubains.

Le 15 mars à 20h30, Grand hall de la Rockhal à Esch-sur-Alzette