Les négociations ont été âpres mais contrairement au premier essai avec les Verts et les Libéraux, cette fois-ci le parti conservateur CDU d’Angela Merkel a réussi à se mettre d’accord avec les socio-démocrates du SPD sur un contrat de coalition. En voici quelques points :

L’Europe : c’est la grande gagnante des négociations et le premier chapitre du contrat de coalition. Les deux partis annoncent vouloir renforcer le financement de l’Union Européenne et proposent de réformer la zone euro afin de la rendre plus stable. La possibilité d’un fonds monétaire européen est également évoquée.

La question des réfugiés : il s’agissait de l’un des thèmes dominants de la campagne des législatives. L’heure des quotas a sonné puisque l’Allemagne envisage d’accueillir un nombre maximal de 180 000 à 220 000 réfugiés par an. Au temps fort de la crise, près d’un million de réfugiés avait convergé vers l’Allemagne après qu’Angela Merkel eut ouvert les frontières.

Les finances : les deux partis se sont mis d’accord sur le principe du budget équilibré. Le niveau des retraites restera stable au cours de la prochaine législature en revanche le financement des caisses de maladies connaîtra quelques changements. Le système binaire de caisses publiques et privées reste en place mais les honoraires des médecins qui pratiquent des tarifs différents selon le type d’assurance du malade sont amenés à converger.

L’environnement : c’est le parent pauvre du contrat. Les partis revoient à la baisse leurs objectifs concernant la réduction des émissions à effet de serre. Si le pays avait déjà enclenché sa transition énergétique avec une sortie progressive du nucléaire lors du dernier mandat d’Angela Merkel, rien n’est encore décidé concernant les centrales à charbon très pollueuses.

La répartition des postes au gouvernement : la CDU perd des postes au profit du SPD par rapport à la dernière grande coalition en vigueur jusqu’à aujourd’hui. Le nouveau contrat prévoit la répartition suivante : CDU/CSU (aile bavaroise de la CDU) : chef de la chancellerie, intérieur, économie, agriculture, transport et numérique, santé, développement, défense, éducation. SPD : affaires étrangères, finances, travail, environnement, justice, famille.

L’application de ce contrat reste néanmoins suspendue au vote des adhérents du SPD qui doivent voter en interne pour ou contre une grande coalition. Les résultats seront dévoilés le 4 mars.