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« Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore », est-il écrit en quatrième couverture de ce livre au titre « ambigu ». Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent Les contes défaits.

L’histoire est celle d’un enfant qui passe ses étés en colo. De quoi alimenter la boite à souvenirs de quelques savoureuses pépites. Sauf que l’endroit est dirigé par une femme tyrannique qui ne supporte pas la joie et les rires. Au Home d’enfants, il y a aussi un homme qui tire les rideaux et demande de fermer les yeux, même lorsqu’il n’est pas l’heure de dormir. Et la nuit, il hante les dortoirs. Bien des années plus tard, le petit garçon a bien grandi et raconte l’histoire « d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir ». « Ce qui m’est arrivé ne m’est pas arrivé. Ce que je sais, c’est que c’est arrivé à d’autres et qu’eux non plus ne le savant pas ».

Superbement écrit, l’ouvrage est à la fois poignant, dérageant et forcément malsain, parfois. Oscar Lalo a passé sa vie à écrire : des plaidoiries, des cours de droit, des chansons, des scénarios. Quand est venu le moment d’écrire Les contes défaits, il n’y avait plus de mots disponibles. Alors il les a inventés et est devenu écrivain.