Osted ©  Droits Réservés

Mêlant post-punk, indie-rock et new-wave, le son du jeune groupe messin Osted est accrocheur, magnétique et déjà empreint d’une certaine maturité. Après deux ans marqués par un album et des rencontres décisives, c’est une belle histoire un peu gâchée par l’époque qui se poursuit avec la sortie de Conflicting memories.

Un soir de décembre 2018 à l’Espace Jean Ferrat de Longlaville, nombre d’aficionados de la scène post-punk sont venus écouter les londoniens de The Opposition, des pionniers du genre de retour après 25 années d’absence. En première partie est programmé un jeune groupe local : Osted. « Ils m’avaient envoyé leur musique, j’ai aimé, je cherchais un groupe pour cet événement et eux un manager, explique Jean-Michel Vion, alors responsable de la salle. On a décidé de poursuivre notre chemin ensemble ». Le courant passe aussi très bien avec les vétérans de The Opposition, qui proposent à Osted de les accompagner en tournée. « C’était fou, ça faisait trois mois que l’on jouait et on se retrouvait à La Boule noire à Paris face à un public de connaisseurs qui venait nous féliciter : c’était le plus beau des compliments et une grande émotion pour nous » raconte Adrien, le chanteur.

À la fin de la tournée, Mark Long, la voix de The Opposition, présente aux frenchies leur ingénieur du son et producteur Kenny Jones, qui a travaillé avec Oasis, The Smiths, Bauhaus ou Björk : direction son studio à Londres pour l’enregistrement d’un premier album, Blind Reflection. On y retrouve plusieurs influences revendiquées par les membres du groupe : Pierre-Marie, le guitariste mordu de new-wave, Adrien, influencé par la scène rock indépendante, Bastien le batteur adepte de musiques électroniques et Mathieu, bassiste fan des Strokes. « On a eu une opportunité unique dès le premier disque, poursuit le chanteur. Kenny est capable de sublimer nos chansons, de savoir quel effet va produire tel son à tel moment ; c’est un alchimiste. Et se retrouver à parler de l’enregistrement d’un disque de Prince avec lui, c’était énorme ».

Sorti en novembre 2019, Blind Reflection est un disque solide : la production affûtée de Kenny Jones y est bien sûr pour quelque chose, mais le style hybride de Osted, qui sait varier les atmosphères, ne perd jamais l’équilibre. Alternant entre ombre et lumière, la formation messine mêle les rythmes entraînants et les mélodies de l’indie-rock à la puissance et la noirceur du post-punk, avec, par touches, des sonorités atmosphériques propres à la new-wave. « Ces musiques-là nous ont bercés, il y a quelque chose en elles qui nous appelle, qui résonne avec nos personnalités, formule Adrien. Même si le post-punk n’est pas la musique la plus écoutée de nos jours, c’est notre moyen d’expression ». Après la sortie de l’album, Osted est vite parti préparer la suite dans son local de répétition de Montigny-lès-Metz, mais la pandémie est venue tout bouleverser, annulant tous les concerts prévus. Au lieu d’un second album, c’est finalement un EP de quatre titres qui est sorti le 30 avril dernier. « C’était impensable pour nous de sortir un album sans pourvoir faire sa promotion » souffle Jean-Michel, qui a fondé à l’automne dernier le label Endless Night records pour héberger la musique de Osted.

Conflicting memories, c’est le nom de ce format court, débute sur un premier titre très new-wave, Choke in paradise, puis enchaîne sur Sarajevo aux airs de tube indie-rock, puis deux morceaux plus rêveurs et aériens, Apathetic Systematic et Midnight Gleam. Le groupe a pu compter sur le studio longovicien de Vincent Doche avant d’envoyer le tout chez Kenny Jones puis chez Sam Berdah de The Wall à Metz pour le mastering. En juin, c’est la salle Le Gueulard Plus à Nilvange qui attend les Messins pour une résidence scénique. Pour préparer des lendemains qui chantent, Osted peut compter sur des soutiens de part et d’autre de la Manche.   

     

Album Conflicting memories Osted                  

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