La prolifération des données numériques et leur traitement ont des impacts directs sur l’équilibre mondial. La cybergéographie porte un éclairage nouveau sur le monde et son « fonctionnement ».

Dans ce livre, Amaël Cattaruzza qui est professeur des Universités à l’Institut français de géopolitique, Université Paris 8, met en lumière la façon dont les données numériques prolifèrent. Dans l’introduction, il indique, par exemple, que la densité d’inscription sur puce de silicium double tous les 18 mois (loi de Moore) tout comme double la densité de stockage sur disque magnétique, tous les 13 mois (loi de Kryder). La production de données, leur collecte, leur stockage, leur sécurisation et les flux qu’elles génèrent sont devenus de véritables enjeux géopolitiques majeur pour les États comme pour les entreprises et les individus (pas toujours animés des meilleures intentions). Si ce n’est pas visibles, les données génèrent des tensions, des rivalités, des conflits et des « cyberguerres » afin de prendre le contrôle d’infrastructures, de logiciels ou bien encore du contenu d’internet. Cette prolifération de données ainsi que la disponibilité des outils tels que la Big Data ou l’intelligence artificielle, modifient profondément la géopolitique en impactant la notion de frontière, la répartition des forces et des équilibres entre états mais également entre les États et les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), notamment. Un livre à lire pour s’initier à cette nouvelle donne, à la cybergéographie.

Géopolitique des données numériques. Pouvoirs et conflits à l’heure du Big Data
par Amaël Cattaruzza. Éd. Le Cavalier Bleu, 2019.