Sur Showtime Saison 1

Jim Carrey incarne une star du petit écran dépressive dans la série Kidding, qui marque ses retrouvailles avec le cinéaste français Michel Gondry.

Kidding est d’abord l’histoire d’un retour. Celui de Jim Carrey, qui s’est fait très discret ces dernières années, préférant se consacrer à son art pictural loin des feux de la rampe. L’occasion aussi pour lui de retrouver un visage connu derrière la caméra, en l’occurrence Michel Gondry, qui l’avait dirigé sur le formidable Eternel Sunshine of The Spotless Mind (2003), sans doute le meilleur film de l’acteur canadien, aujourd’hui âgé de 57 ans. Le réalisateur français (La science des rêves, L’écume des jours) a signé 6 des 8 épisodes de la première saison, qui s’est achevée le 11 novembre 2018 sur Showtime. La chaîne américaine avait entre-temps indiqué qu’une nouvelle fournée de 10 épisodes était dans les cartons, avec une diffusion prévue courant 2019. Voilà pour les coulisses.

Auréolé d’un joli succès outre-Atlantique, cette création de Dave Holstein – qui a notamment œuvré en tant que scénariste sur la série Weeds – oscille entre hilarité et chagrin, avec un Jim Carrey qui crève l’écran dans le rôle d’un présentateur télé célèbre et dépressif, dont on peut se demander si son horrible coupe de cheveux n’explique pas en partie la profonde mélancolie qui habite son personnage de faux naïf. Il est Mr Pickles, qui a mis l’Amérique à ses pieds avec une émission de marionnettes, dont l’univers de bric et de broc porte la griffe de Gondry. Mais à l’instar d’une médaille qui a son revers, cette icône du petit écran cache une facette plus dramatique. Car si tout semble lui réussir côté professionnel, sa vie personnelle a tout d’une tragédie, avec l’effondrement de son mariage et la mort de son fils dans un accident de la route. Des évènements qui marqueront le début d’une profonde crise existentielle et auront des incidences sur le métier de cet homme habitué à faire rire, et qui cache derrière son habit de clown une profonde souffrance.