Sandrine Kieffer, dite « la Chonchon », est à elle toute seule une véritable institution locale. « Une image d’Épinal », comme elle dit, avec du caractère, mais surtout un cœur gros comme ça. Véritable figure des nuits spinaliennes, quinze ans durant, elle a tenu le bar le Voltaire, rue de la Maix, où elle a enchanté les soirées avec son indéfectible gouaille et son inaltérable bonne humeur.
Sandrine Kieffer dite "la chonchon" © DR

Sandrine Kieffer dite « la chonchon » © DR

Née à quelques encablures de là, à la Chapelle-au-Bois voilà tout juste quarante ans, la Chonchon, est ainsi surnommée parce que, d’après son grand-père, parce qu’elle n’arrivait pas à prononcer le mot « chausson ». Et si sa diction est désormais parfaite, le sobriquet a persisté jusqu’en la préfecture vosgienne, parce que la Chonchon, c’est simplement quelqu’un qui vous prend à bras le corps. Tout d’un coup, sans hésiter, parce qu’a priori elle vous aime déjà. Et comme elle espère que vous aussi, ben appelez-là « Chonchon, et puis c’est tout » ! D’ailleurs il ne viendrait à l’esprit de personne de l’appeler autrement, du plus anonyme du cru jusqu’au maire, Michel Heinrich, auprès duquel elle s’est engagée durant deux mandats. Car investie, elle l’est jusqu’au bout des ongles dans sa cité. Si elle a fermé le Voltaire en 2010, après un passage au Golf d’Épinal, puis actuellement dans un des restaurants les plus emblématiques de la ville, La Louvière, la Chonchon songe à ouvrir bientôt son propre établissement. « Cela m’apporte beaucoup de travailler en restauration, j’apprends beaucoup, puis je retrouve à la Louvière la clientèle que j’avais au bar. » En attendant d’échafauder ses projets, Chonchon fait du théâtre, une activité qui la mène à se produire entre autres dans le cadre de Rue et Compagnie, et puis, comme tout le monde, elle lit, regarde des films et écoute de la musique.

MAIGRET de Georges Simenon « le suspense est terrible! »

« Le dernier livre que j’ai lu, c’est 50 nuances de Grey parce que tout le monde me disait de le lire, mais franchement ce n’était pas formidable, ce que j’aime moi, c’est les bons polars » détaille simplement Chonchon avant de citer l’auteur des Maigret, effectivement une des immenses références mondiales en la matière. « Ces livres-là vous tiennent en haleine de la première à la dernière page, on ne peut simplement pas les lâcher avant de les avoir terminés, s’exclame-t-elle, l’écriture en est fluide, c’est efficace, incisif, le suspense est terrible ! »

UN JOUR SANS FIN de Harold Ramis « Le plus souvent possible »

Cette comédie met en scène un présentateur météo prétentieux et aigri qui, campé par le délicieux Bill Murray, est amené à revivre sempiternellement la même journée. Bloqué en plein « jour de la marmotte » le personnage finit par trouver un sens à sa vie. Devenu culte au fil des ans, il est aussi le film préféré de Chonchon qui l’a vu des dizaines de fois et ne s’en lasse pas : « je le regarde et le fais découvrir le plus souvent possible, il me détend, j’ai beau le connaître par cœur, il me fait hurler de rire » décrit-elle.

LA VIE EN ROSE d’Édith Piaf  « Elle a su faire avancer la cause des femmes »

C’est là un des plus grands standards de Piaf, qu’au demeurant la môme Chonchon admire profondément : « voilà une femme qui a su faire avancer la cause des femmes, qui avait du talent, qui ne s’est pas laissée faire ». Si cette chanson-là la touche particulièrement, c’est aussi parce que la belle blonde est aussi une grande amoureuse, et puis voir la vie en rose malgré les coups durs, c’est aussi « un de [ses] principes de vie  ».