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En avril 2020, le deuxième mois pendant lequel les mesures de confinement liées au Covid-19 ont été mises en place par la plupart des Etats membres, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,3 % dans la zone euro. La tendance est à la hausse par rapport au taux de 7,1 % enregistré en mars 2020. C’est ce qu’indiquent les derniers chiffres d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Eurostat estime qu’en avril 2020, 14.079 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’UE, dont 11,919 millions dans la zone euro. Loin de la forte hausse annoncée finalement. Certes. Mais Eurostat le souligne, aussi, les données sont à prendre avec des pincettes car ils ne reflètent certainement pas la réalité. « Les mesures de confinement introduites à partir de mars 2020 en raison du COVID-19  ont déclenché une forte hausse des demandes d’indemnisation chômage dans l’UE  », commente l’office « dans le même temps, une part importante des personnes qui étaient déjà inscrites dans les agences pour l’emploi n’étaient plus en recherche active d’emploi en raison des limitations imposées par le confinement ou, par exemple, parce qu’elles devaient s’occuper de leur(s) enfant(s) pendant cette période et n’étaient donc plus disponibles pour travailler ». Le prochain tableau de bord d’Eurostat pourrait bien être autrement plus sombre. Les projections de divers organismes le laissent supposer. En Espagne, le taux de chômage se rapproche des 15 %. En France, il a bondi de 22,6 % au mois d’avril et il n’y a jamais eu autant de demandeurs d’emploi depuis 1996. Selon des projections de la Banque de France, le taux de chômage pourrait connaître un pic supérieur à 11,5 % en 2021. L’Italie s’attend à ce que le sien atteigne les 12 % en 2020 avec une reprise des licenciements qui pourraient générer jusqu’à un million de chômeurs supplémentaires, dans les prochains mois.