Avec Celui qui hantait les ténèbres, les éditions Ki-oon poursuivent leur cycle d’adaptations des nouvelles de H.P. Lovecraft par Gou Tanabe. Toujours avec le même talent, ce dernier retranscrit en images « l’indicible horreur » nichée dans les récits du maître.

Les adaptations en bande dessinée de l’œuvre de Howard Phillips Lovecraft ne manquent pas. Certaines, comme la superbe relecture d’Alberto Breccia dans Les Mythes de Cthulhu, sont des plus réussies. Depuis 2018, Gou Tanabe marque les esprits avec sa série Les Chefs d’œuvre de Lovecraft chez Ki-oon, dans laquelle l’auteur japonais reste fidèle aux œuvres originales : son talent pour donner vie aux décors dantesques et aux créatures hybrides de Lovecraft ont contribué au succès (mérité) de ces albums, en plus de la beauté de son dessin proche de la gravure, servi par un noir et blanc au scalpel. Après Les Montagnes hallucinées, en deux tomes, Dans l’Abîme du temps, La Chose tombée du ciel et L’Appel de Cthulhu, Celui qui hantait les ténèbres est le sixième volume d’une anthologie dessinée à même de ravir les fans de l’auteur et de séduire les béotiens.

On y retrouve en fait deux nouvelles : Dagon et Celui qui hantait les ténèbres. Comme toujours chez Lovecraft, nous suivons les pas d’un personnage découvrant un peu malgré lui, et pour son plus grand malheur, l’existence d’horreurs sans âge dissimulées depuis des millions d’années dans les recoins de notre monde. Un marin échoue sur une île étrange, un érudit découvre l’existence près de chez lui d’une église condamnée semblant terrifier le voisinage… leur curiosité sera bien mal récompensée. On replonge immédiatement dans l’ambiance si caractéristique des récits du maître de Providence, qui privilégiaient l’invisible plutôt que l’horreur à l’état pur.