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Cédric Gouth maire de Woippy

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Cédric Gouth, Maire de Woippy, vice-Président de Metz Métropole et Président d’Inspire Metz, considère que, pour la mobilité entre Metz et Luxembourg, créer un monorail entre Metz et le Luxembourg, est pertinent.

Il y a deux ans, vous avez relancé l’idée de créer un monorail entre Metz et le Luxembourg. Le projet est-il toujours d’actualité ? 

Plus que jamais. Même s’ils sont actuellement ralentis par la crise sanitaire, les flux sur l’A31 vont continuer de progresser et progresseront encore compte tenu de l’augmentation du nombre de frontaliers se rendant au Luxembourg. L’augmentation du nombre de TER ne règle pas tout, loin de là. L’absence de dédoublement des voies, fait qu’au moindre souci, les voyageurs se retrouvent bloqués pendant des heures. On le constate également, un grand basculement en tout télétravail, n’est pas non plus envisagé même s’il importe, selon moi, de multiplier les espaces de coworking. Peut-être pas de l’envergure du S-Hub de Thionville mais plutôt des lieux plus petits, plus agiles. Une réflexion est menée en la matière. Ce qui vaut d’ailleurs pour d’autres dossiers participant à fluidifier la mobilité tout en réduisant notre impact environnemental. Je pense, par exemple, au développement de l’électromobilité, de solutions « hydrogène » ou bien encore aux opportunités offertes par la voie d’eau. D’où l’importance, d’ailleurs, de l’intervention de François Grosdidier, le maire de Metz et président de Metz Métropole, pour que nous conservions la maîtrise du port de Metz.

Quels sont les atouts du projet de monorail que vous défendez ?

Le monorail est un mode de transport d’avenir qui cumule les atouts. Le projet dans sa forme actuelle, consiste à créer un monorail électrique, capable de filer à 120 km et de transporter 30.000 personnes, par heure. Il se déplacera au-dessus de l’A31 et desservira 5 stations. Voilà pour les grandes lignes mais, bien entendu, rien n’est gravé dans le marbre. L’outil est donc rapide et fiable puisque plusieurs de ces monorails, construits par l’entreprise chinoise BYD, sont déjà en service dans plusieurs grandes villes du monde. Compte tenu des technologies utilisées, il est également silencieux et respectueux de l’environnement. L’investissement est bien moindre que celui à engager pour construire des kilomètres d’autoroute, puisqu’il tourne autour de 600 millions d’euros. Enfin, il pourrait être construit et opérationnel en 2 ans et demi, aux dires du constructeur. Un tel monorail participerait également à enrichir la vitrine technologique du territoire, donc un vrai plus en termes d’attractivité.

Avez-vous le sentiment que depuis deux ans, ce projet rencontre un intérêt grandissant ?

Ce qui prime en la matière, c’est avant tout que les Mosellans s’intéressent au projet. Et cela semble être le cas puisqu’une majorité d’entre eux est favorable à l’émergence de nouveaux modes de transport, plus sains, plus rapides, plus efficaces. Le président de la Région, Jean Rottner, a qui le projet a été présenté, l’a également bien accueilli. François Grosdidier tout comme Pierre Cuny, le maire de Thionville et président de la Communauté d’Agglomération Portes de France Thionville, s’y intéressent aussi. Et c’est une excellente chose car ces élus ont un rôle important à jouer pour discuter, échanger et convaincre, nos partenaires luxembourgeois de l’intérêt de ce monorail. Il ne peut se faire qu’avec le soutien et la collaboration avec le Luxembourg. Ce n’est pas un scoop, les relations entre le Luxembourg et l’ancien maire de Metz (ndlr Dominique Gros) n’étaient pas au beau fixe. Aujourd’hui, c’est très différent. Et le Grand-duché sait pertinemment qu’il faut tout mettre en œuvre pour faciliter les déplacements transfrontaliers, compte tenu du dynamisme de son économie et de l’évolutions de ses besoins en main-d’œuvre.

Un agenda est-il défini ?

Pas encore car le contexte est très compliqué. La crise sanitaire et les élections ont rebattu les cartes et redéfini les priorités. Mais nous continuons à travailler sur le dossier et à avancer. Ce monorail pourrait d’ailleurs parfaitement s’intégrer au plan de relance économique, sa construction générant de l’activité pour les entreprises locales et des emplois, ce qui n’est pas négligeable alors que la crise fait des ravages.