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« Junts pel si » (Ensemble pour le oui). C’est le nom de la liste qui a remporté l’élection régional qui s’est déroulée le 27 septembre en Catalogne. Signe particulier de cette liste, elle fédère les indépendantistes de gauche et des nationalistes de droite. Avec 62 députés elle n’obtient pas la majorité absolue en nombre de sièges (135) mais avec les 10 sièges de plus du CUP, un parti séparatiste anticapitaliste et europhobe, la liste est en mesure de prendre la main. Pour quoi faire ? Eh bien rien de moins que d’engager un processus visant à organiser, déclarer et obtenir l’indépendance de la Catalogne, d’ici 2017. Artur Mas, le président sortant de la Catalogne et chef de file de cette coalition « originale », a confirmé son objectif à l’issue du scrutin. Si la détermination est affichée, l’affaire n’est pas pliée pour autant. Primo car du côté de Madrid, on n’a pas la même lecture du scrutin. Il s’agit d’une élection régionale en aucun cas d’un référendum pour ou contre l’indépendance. À noter d’ailleurs, sur ce point, que si « les indépendantistes » sont majoritaires en termes de sièges, ils ne le sont pas en nombre de voix : 47,8%. Comprendre : les Catalans ont rejeté l’indépendance. Secundo, sur le plan juridique, le gouvernement espagnol dispose également d’outils pour contrecarrer les plans de Mas. La Constitution l’autorise notamment à « forcer » le gouvernement régional à respecter la constitution. Bref, ce qui est certain, c’est que l’Espagne entre dans une phase de turbulences sur le plan politique mais également économique. À noter que l’Union européenne a également pris position : indépendante, la Catalogne sera exclue de l’Union. Indépendante mais isolée.