« Je suis prisonnier, je l’accepte. La justice m’éloignera du monde, sans doute pour longtemps. Il n’y a de toute façon pas d’autre solution. La privation de liberté est la sanction qui s’impose à tous les criminels de mon espèce ». Un homme tombé éperdument amoureux d’une belle jeune femme découvre que cette dernière a un autre homme dans sa vie, dans son lit. Lors d’une partie de chasse, il le tue. Sa vie bascule. En prison, perdu entre quatre murs de la cellule 527, le criminel raconte, son amour, sa vie d’avant, ses remords, ses regrets, la prison, l’enfermement. L’isolement et la solitude, aussi. La proximité avec d’autres hommes. La soumission et la honte. «  Maintenant que je suis un homme à genoux, je voudrais demander pardon. Mais à qui ? Mon isolement est total, il n’y a personne pour me pardonner. Je suis impardonnable ».

Le temps passe, pourtant, alors qu’il semble figé à jamais. Au-delà de l’histoire (il se passe bien d’autres choses encore !), l’ouvrage est d’autant plus agréable à lire qu’il est bien écrit, dans un style fluide rythmé par des phrases courtes. Quant à l’atmosphère carcérale et son cortège de « souffrances », elle est palpable. Il est vrai que Dominique Boh-Petit n’en n’est pas à son coup d’essai. Le carré des indigents, écrou 21288 est son second roman après Quartier-femmes écrou 10970 (même éditeur). Avocate au barreau de Metz, elle connait également parfaitement l’univers carcéral. Le choc ressenti en le découvrant, alors qu’elle était jeune enseignante, est d’ailleurs à l’origine de son désir de devenir avocate.