La ville qui a vu naître le célèbre explorateur Jacques Cartier est célèbre pour son centre historique cerné de remparts. Véritable invitation à voyager dans le temps, Saint-Malo est aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur. Et rien de tel qu’une petite virée en bateau pour se laisser séduire par cette fille de Bretagne ouverte sur le monde.

Cernée de remparts mais attirée par le large. Bienvenue à Saint-Malo, une des destinations les plus visitées de France. Très prisée pour son centre historique, avec ses rues pavées, ses maisons d’armateurs et sa concentration de crêperies, le berceau de Jacques Cartier – véritable trait d’union entre la Bretagne et le Québec (lire ci-dessous) – fait souffler un vent d’évasion auquel il est difficile de résister. Intra-muros, c’est le passé qui vous fait voyager. Oubliez votre carte touristique, laissez vous happer par le hasard pour sentir le parfum enivrant de cette fille de Bretagne, en sirotant un café ou en savourant le fameux kouign amann, condensé de beurre et emblème alimentaire de la région. La Maison Georges Larnicol propose une version miniature (kouignettes) de ces bétonneuses d’estomac déclinées en une quinzaine de parfums.

La balade sur les remparts est un grand classique à Saint-Malo côté cour. Elle est synonyme de joli panorama sur les alentours, notamment la station balnéaire de Dinard. Ils longent le château qui abrite aujourd’hui la mairie ainsi que le Musée d’histoire de la Ville et du Pays Malouin (situé dans le donjon, lui aussi synonyme de vue imprenable). Il ne faut pas hésiter à les parcourir plusieurs fois, à différents moments de la journée, pour profiter des variations du paysage au gré des marées. La cathédrale Saint-Vincent, les chapelles Saint-Sauveur et Saint-Aaron sont aussi des lieux à visiter, de même que l’ancienne maison de la duchesse Anne, figure emblématique de la Bretagne, ou encore la Demeure de Corsaire. Cet hôtel d’armateur du 18e siècle composé de 60 pièces, un des 50 monuments historiques que compte Saint-Malo, a pour particularité d’avoir été épargné par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, qui ont détruit une grande partie de cette commune du département d’Ille-et-Vilaine.

La cité corsaire a aussi beaucoup de charmes à partager côté océan. Le vent du large souffle sur ses plages de sable blanc, dont celle de Bon Secours, au pied de ses murs, une des plus belles du coin, qui possède une piscine d’eau de mer dotée d’un plongeoir. Pour se dégourdir les jambes, la plage du Sillon (hors centre historique) fera l’affaire. C’est la plus longue de Saint-Malo (3 km); on peut notamment se promener sur sa digue piétonne bordée de nombreuses villas datant de la fin du 19e siècle. À marée basse, plusieurs sites emblématiques deviennent accessibles : le Fort National, signé Vauban en 1689, le fort du Petit Bé, mais aussi l’île du Grand Bé, à l’embouchure de la Rance, où repose la dépouille du célèbre écrivain malouin Chateaubriand.

Prendre le large, c’est aussi monter à bord d’un bateau. Pour humer le parfum authentique de la cité médiévale de Dinan, située à quelques kilomètres de là, ou se détendre sur l’île de Cézembre, qui porte les stigmates des bombardements alliés intensifs de 39-45, elle qui abritait des ouvrages du Mur de l’Atlantique érigé par les Allemands. Des compagnies maritimes assurent aussi des navettes vers les îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey. Pour une découverte plus insolite du littoral, on ne peut que conseiller les virées à bord de deux vieux gréements appartenant à l’association Sensation Littoral, qui propose notamment de combiner balade et apéro nautique. Hisser les voiles du plaisir, c’est aussi ça Saint-Malo.


L’ACCENT QUÉBECOIS DE SAINT-MALO

Entre Saint-Malo et le Québec, c’est une vieille histoire. Une histoire qui prend ses racines en 1534, lorsqu’un de ses enfants, un certain Jacques Cartier, embarque vers une destination qui deviendra la Nouvelle-France jusqu’en 1760 et la capitulation du régime français face à l’empire britannique, scellée le 8 septembre à Montréal. La Maison du Québec, située sur les remparts de cette cité portuaire, a vocation à entretenir les liens d’amitié qui unissent l’Hexagone à son ancienne colonie. Depuis son inauguration en 1984, en présence de René Lévesque, figure de proue du Québec indépendantiste, cette bâtisse historique propose chaque été (de mai à août) une riche programmation culturelle (gratuite) axée sur la province. Le Cinéma du Québec à Saint-Malo et les Week-Ends de la jeune scène québécoise figurent au chapitre des rendez-vous récurrents. On peut également y récolter tout un tas d’informations sur la patrie du Cirque du Soleil, que ce soit pour des vacances ou dans le cadre d’un projet d’immigration. Hors période estivale, l’Association Saint-Malo/Québec investit les lieux pour y organiser divers évènements aux couleurs de la province canadienne. La gestion de ce petit bout de terre frappé de la fleur de lys est assurée par la Délégation générale du Québec à Paris. La programmation estivale pour 2018 est d’ailleurs accessible sur son site : www.international.gouv.qc.ca