Plus qu’insolite, le camping du Mettey, à Vagney (88), est de l’ordre du magique. Son concept repose sur le bon goût, le bon sens, quelques idées simples et naturelles, celles qu’on a laissé tomber dans notre course au profit. Géré par Eric Legrosce camping 4 étoiles, de 80 emplacements, a reçu plusieurs Prix du Développement durable, par le Conseil départemental des Vosges, ainsi que le 2e Prix national de la construction bois des bâtiments publics.

L’univers du camping est d’une riche variété. Il englobe toutes sortes d’étoilés : le dépouillé, singeant le sauvage, le camp retranché, la reconstitution de HLM à l’air libre, les tout-en-dur, les familiaux, les festifs, les ronflants, les bruyants, les clinquants, les pépères, les repaires de boulistes, les abris d’apéros interminables… et puis il y a le camping du Mettey, à part, qui vous invite « autant à des vacances qu’à une expérience de vie ». C’est ainsi que le résume Eric Legros, qui a redéveloppé, avec l’aide de la Communauté de communes, propriétaire du site, un camping « qui vivotait depuis trente ans ». Eric Legros : « La collectivité a eu l’intelligence de choisir le délégataire avant de faire des travaux de rénovation, avant même le choix des architectes. C’est ma société qui a été retenue. Nous portions un projet d’ensemble très environnemental, très différent, privilégiant à 90 %, dans ses actions et ses investissements, le local et les circuits courts. Toutes les entreprises qui ont œuvré sont vosgiennes. C’est la Socopa, par exemple, spécialiste en maisons bois, implantée à dix minutes de chez nous, qui a bâti le bâtiment central ». Le Mettey a réussi à créer un savant mélange de vacances dépaysantes et intelligentes, élaboré sur un concept de loisirs pédagogiques qui ne vous prennent pas le chou et vous laissent libre de vos choix : « nous donnons des informations mais le client est d’abord là pour passer de bonnes vacances, il fait ce qu’il veut ». L’attention à l’environnement naturel est ici centrale : « quand on a fait les travaux, ce sont les entreprises qui se sont adaptées à l’environnement, pas l’inverse. Il n’y a pas eu une coupe d’arbre, pas eu un coup de pelle ». L’eau est consommée raisonnablement, sans pour autant se priver, « au lieu du 100/110 litres de moyenne par jour en France, on est ici à 65 litres/jour ». Des bornes solaires, pour recharger les portables, sont à la disposition des vacanciers. La piscine est naturelle, filtrée par les plantes. Il n’y a pas de barrière automatique, qui ferme, ouvre et encore moins scanne votre plaque d’immatriculation pour montrer patte blanche, non, l’accès est libre et les voitures parquées à l’extérieur. Pas de règlement intérieur non plus, « mais il n’y a plus un bruit à 22 heures ». Eric Legros : « en fait, on revient à des choses simples et authentiques mais avec du confort »… et de l’insolite, du vrai. Les hébergements sont taillés dans des architectures diverses. Ici, une roulotte, là un pré ombragé pour des caravanes, ailleurs une yourte, un chalet « écologite », une cabane, une coupole sous les étoiles, une tente dans les arbres, une autre suspendue, un « Vision’air » (c’est un peu comme si vous dormiez dans une longue-vue)… Un camping où l’on ne se marche pas sur les pieds mais « un camping en partage » : « Nous avons un potager en permaculture et nous mettons les légumes dans une brouette, les gens se servent et paient au chapeau. Idem pour les œufs. L’animation est aussi en partage, ce sont les clients qui la font. Il n’y a pas de soirées loto, disco ou karaoké ». Côté restauration, l’attention à l’environnement commercial est de mise, « on bosse tous main dans la main ». Eric Legros fait la promotion des établissements de la région de Vagney. Sur place, il sert juste quelques assiettes de fromages et de charcuteries du terroir et organise, une fois par semaine, des soirées flammekueches et pizzas, sorties de son four. Il promeut aussi l’ensemble des activités touristiques de la région, à commencer par «Les sentiers de la photo », une exposition photographique fabuleuse et à ciel ouvert (130 photos en grand format, sur 3 kilomètres de sentiers) initiée par Vincent Munier, célèbre phtographe animalier. C’est au Haut-du-Tot (commune de Sapois), le plus haut village des Vosges, à quelques kilomètres du Mettey. Quant aux tarifs du camping, ils sont naturels : pas de coup de bambou. Et l’assurance de croiser une clientèle variée. Probablement, vos souvenirs, eux aussi, seront durables.

www.campingdumettey.com