Bernard Haitink © DR

Fêtes de fin d’année obligent, la chasse aux cadeaux sera ouverte en décembre. Si les idées vous manquent, la solution est peut-être à trouver du côté de la Philharmonie Luxembourg, qui propose six formules abonnement donnant accès à des concerts de grande qualité en 2019. Premier rendez-vous le 30 janvier.

Prestige

Comme son nom l’indique, cet abonnement vous fera flirter avec les sommets de la musique classique. Deux hommes et une femme composent le gratin de cette catégorie. Le très respecté Bernard Haitink ouvrira le bal le 5 février dans le Grand Auditorium. Ce grand chef d’orchestre né aux Pays-Bas, âgé de 89 ans, a su rester modeste et discret malgré une vie musicale des plus riches. « Cette légende de la direction livrera une vision accomplie de joyaux de Beethoven et Schuman », annonce la Philharmonie Luxembourg. La soirée du 21 mars fera quant à elle résonner le roi des instruments. Et qui de mieux que la Lettone Iveta Apkalna pour sublimer l’orgue ? La soliste, louangée pour son impressionnant sens musical, sera accompagnée d’un ensemble prestigieux, nul autre que le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, placé sous la direction de Mariss Jansons. Terminons avec la star du piano chinoise Lang Lang, qui remonte sur scène après une longue absence. Véritable phénomène de la musique, ce prodige de 36 ans a conquis les salles du monde entier avec ses interprétations jubilatoires.


1001 touches

Yuja Wang © K.Edwards

Yuja Wang © K.Edwards

Amateurs de piano, c’est le programme qu’il vous faut ! Le virtuose instrument sera bien mis en valeur au cours de trois soirées placées sous le signe du voyage. Le pianiste américain d’origine russe Kirill Gerstein emmènera le public dans l’Ancien et le Nouveau Monde, via notamment le concerto pour piano de Gershwin (8 février). Il sera accompagné de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, dirigé par Eliahu Inbal, pour ce spectacle teinté de jazz dont les profits seront remis à une œuvre de bienfaisance. L’OPL sera à nouveau de la partie le 8 mars, dans le cadre d’une soirée combinant des sonorités de Bali et un hommage spirituel à Mozart, à travers les notes des sœurs Labèque, qui ont sorti cette année un album célébrant leurs racines basques, baptisé Amoria. Le 23 mai, la charismatique pianiste chinoise Yuja Wang montrera toute l’étendue de son talent avec le concours de Sergueï Prokofiev. La nouvelle étoile du label Deutsche Grammophon est réputée pour sa puissance de jeu et sa virtuosité technique, au point où on la surnomme « doigts volants ».

 


Classique

Sir Simon Rattle © DR

Sir Simon Rattle © DR

Schubert et Schuman seront au programme de la soirée du 2 février dans le Grand Auditorium, avec pour trait d’union le chef d’orchestre allemand Thomas Hengelbrock, grand passionné de musique ancienne, qui a été nommé en 2017 à la direction de la Philharmonie de l’Elbe à Hambourg, considérée comme une des plus belles salles de concert au monde. Deux mois plus tard, le 4 avril, la Philharmonie Luxembourg proposera La Passion selon saint Jean, dirigée par Sir Simon Rattle et mise en scène par Peter Sellars sur des instruments d’époque. Plus dramatique que La Passion selon saint Matthieu, cette œuvre fut présentée pour la première fois le 7 avril 1724 à l’église Saint-Nicolas de Leipzig. Les amateurs de violon et de Mozart pourront quant à eux cocher la date du 8 mai sur leur agenda. Ce jour-là, la virtuose allemande Anne-Sophie Mutter explorera de façon approfondie la musique du célèbre compositeur autrichien à travers trois de ses concertos pour violon.

 


Évasion

Jan Garbarek © DR

Jan Garbarek © DR

C’est un abonnement placé sous le thème de l’excursion que l’on vous propose ici. La palette sonore concoctée par le Luxembourgeois Pascal Schumacher, artiste à plusieurs facettes, promet d’être riche. La soirée du 30 janvier sera en tout l’occasion pour le compositeur et interprète de dévoiler un nouvel univers sonore à travers son projet Rosace.8. Le trio de Brad Mehldau (piano, basse, batterie) se chargera pour sa part, le 22 mars, d’emmener son auditoire sur les rivages du jazz, de Paris à New York, via une composition de son cru, mais aussi une œuvre de Claude Debussy. Autre voyage au menu, et non des moindres, celui proposé le 27 avril par le tandem Jan Garbarek/Trilok Gurtu, qui guidera les spectateurs vers des contrées asiatiques. L’alchimie entre le virtuose saxophoniste norvégien – reconnu pour ses mélodies aériennes – et le grand maître des percussions indiennes a déjà fait ses preuves sur de nombreuses scènes étrangères.

 


Voix célestes

Anja Harteros © DR

Anja Harteros © DR

Vous l’aurez compris : les voix sont à l’honneur ici ! Celle de la soprano allemande d’origine grecque Anja Harteros tout d’abord, qui interprétera le 15 février les 5 poèmes magnifiques de Mathilde Wesendonck mis en musique par Wagner. La nouvelle Elsa de Bayreuth est notamment admirée pour sa diction irréprochable et la qualité de sa voix, une des plus belles de sa génération. Celle de la soprano Johanna Winckel ensuite, qui se mêlera aux timbres de Daniel Behle (ténor) et Michael Nagy (bariton) lors de la soirée du 11 avril, consacrée à l’oratorio Paulus de Mendelssohn, qui relate la conversion de Saül au christianisme sur le chemin de Damas. Celle enfin de la mezzo-soprano américaine Joyce DiDonato, qui incarne avec brio l’Agrippina de Haendel – un de ses compositeurs fétiches – opéra en 3 actes créé en Italie en 1710. Une œuvre foisonnante à écouter le 14 mai dans le Grand Auditorium.

 


Petits Princes

Ma mere lOye ©DR

Ma mere lOye ©DR

S’il n’y a pas d’âge pour s’intéresser à la musique classique, il n’est pas interdit de commencer très tôt ! Voilà un abonnement qui conviendra aux enfants, mais aussi à leurs parents ou leurs grands-parents. L’ancienne enfant prodige du piano Yuja Wang, aujourd’hui trentenaire, aura pour mission, le 3 février, de démontrer le plaisir qu’il y a à jouer d’un instrument, aux côtés de ses collègues Aleksey Igudesman (violon) et Hyung-ki Joo (piano). Également au menu : une après-midi cinéma, sous la direction de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg et de Carl Davis, le 2 mars, ainsi qu’une matinée féerique placée sous le signe de la pantomime, mais également de la musique de Maurice Ravel. L’occasion pour le jeune public de découvrir son œuvre Ma mère l’Oye, une suite de pièces pour piano créées au début du 20e siècle et inspirées de contes pour enfants, notamment ceux de Charles Perreault.