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Spécialisée dans la transformation de fruits issus du terroir lorrain, La cabane à jus de la famille Barranco, basée à Marspich en Moselle, s’emploie autant à valoriser un patrimoine naturel qu’à combattre le gaspillage.

« Vous avez beau dire, y’a pas seulement que de la pomme… » Sortie de son contexte cinématographique – la cuisine culte des Tontons flingueurs – cette citation fortement alcoolisée s’applique parfaitement à la petite entreprise gérée par Antoine et Nicolas Barranco, où ladite pomme cache un début de forêt de saveurs. On est pourtant loin du vitriol – « le bizarre » – éclusé par Lino Ventura et sa bande. Leur cabane à jus, lancée en 2014 à Marspich près de Thionville, ferait plutôt dans le sucré, avec une forte inclinaison pour la pomme, seule ou accompagnée. Avec le temps, d’autres nectars sont venus s’ajouter à l’offre en variant sans limite les combinaisons gustatives. Le succès du premier assemblage, mariant la pomme et la menthe, a convaincu le père et son fils de poursuivre dans cette voie. Aujourd’hui, on peut notamment déguster du jus de pomme-carotte, de pomme-basilic, de pomme-coing, mais aussi de poire, et tout cela au nom d’une agriculture raisonnée faisant autant la part belle au local qu’au naturel. Et même du cidre depuis l’an passé. « Du cidre à notre sauce », précise Nicolas, qui est allé se former à Dublin pour pouvoir créer cette spécialité maison pétillante et alcoolisée (7 degrés) qui n’a rien à voir avec son cousin breton. Et ce n’est pas fini puisque le duo d’exploitants planche sur d’autres projets et innovations gustatives, mu par le même désir de relever de nouveaux défis, notamment la commercialisation de jus à base de différents fruits et/ou de légumes, sur le modèle des populaires smoothies.

La vente, destinée aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels, n’est qu’une partie de leur activité artisanale. L’autre, la plus importante (celle qui fait tourner la boutique), concerne la prestation de services. « On fait aussi appel à nous pour transformer des pommes et conditionner le jus en bouteille ou en cubis », explique le co-gérant. La cabane à jus passe alors en mode itinérant pour sillonner le Grand Est. Le pressoir, placé sur une remorque, permet à des producteurs de valoriser les « écarts de tri », autrement dit les produits exclus du marché pour des défauts de calibre et d’aspect. Une belle façon de valoriser le patrimoine local tout en luttant contre le gaspillage. Ce qui rappelle une anecdote à Nicolas Barranco. « Des personnes nous ont dit un jour que depuis que nous avions ouvert notre pressoir, il n’y avait plus de pommes au pied des arbres. »

Pour en savoir plus : www.lacabaneajus.com