Capitale de l’Europe, Bruxelles est aussi une place forte du surréalisme, de l’Art nouveau et de la bande-dessinée. Appréciée pour l’accueil chaleureux qu’elle réserve aux visiteurs et ses nombreux estaminets, le simple fait de parcourir ses rues est un enchantement pour tout amoureux des Beaux-arts.
bruxelles-mur-(©-Mensuel-L'Estrade)

À Bruxelles, l’art ne se trouve pas que dans les musées! (© Mensuel L’Estrade)

Incontournable, évidente : la Grand-Place est là où tout commence. Richement reconstruite après les bombardements de 1695 par les troupes de Louis XIV, c’est une merveille de virtuosités architecturales, à savourer de préférence de nuit, dominée par les flamboyances gothiques de l’Hôtel de ville et de la Maison du roi. À Bruxelles, le talent s’affiche en façade : les rues de la capitale, investie par des architectes de talent à la fin du XIXème siècle, s’arpentent le nez en l’air. Victor Horta, principal artisan de l’Art nouveau en Europe, a considérablement marqué Bruxelles de son empreinte : le musée Horta, installé dans la demeure de l’artiste disparu en 1947, constitue le point de départ idéal pour un parcours qui vous mènera devant le Palais des Beaux-arts, baptisé Bozar, les hôtels Tassel, Solvay, Max-Hallet ou Deprez-Vandevelde, jusqu’au Centre de la Bande-dessinée rue des Sables, installé au sein de l’unique rescapé des grands magasins bruxellois conçus par Horta. La bande-dessinée est d’ailleurs un autre moyen de découvrir à Bruxelles : une trentaine de fresques recouvrent les murs du centre historique, des quartiers de Sainte-Catherine et Saint-Géry ou des Marolles, inspirées des œuvres d’auteurs emblématiques tels que Edgar P. Jacobs, François Schuiten et Benoît Peeters, Dupuy et Berberian, et bien sûr Hergé. On retrouve dans les albums du reporter du Petit Vingtième de nombreux lieux de la capitale : c’est sur la place du Jeu de balles que Tintin découvre la maquette du Secret de la Licorne, non loin de la rue du Labrador, domicile du héros. Le Quartier royal a servi de modèle à Hergé pour imaginer la capitale de la Syldavie dans le Sceptre d’Ottokar, album dans lequel une poursuite à moto nous dévoile les bâtiments de l’avenue Louise. De même, dans les Sept boules de cristal, Hergé consacre une superbe case muette à l’Hôtel Métropole, qui illustre à merveille les tendance éclectiques de l’architecture du début du XXème siècle. 

Place-Royale-Bruxelles-(©DR)

Le Quartier royal a servi de modèle à hergé pour imaginer la capitale de la Syldavie dans le sceptre d’Ottokar (©DR)

On reconnaît au cinéma certains décors de la capitale belge, à l’image de la Place Poelaert ou des abattoirs municipaux dans le délirant Dikkenek (Olivier van Hoodsadt), le quartier de Léopold dans Bruxelles, mon amour, qui réunit trois court-métrages de la jeune génération de réalisateurs belges. De nombreuses scènes du grinçant C’est arrivé près de chez vous avec Benoît Poelvoorde ou de Toto le héros de Jaco van Dormael ont également été tournées à Bruxelles. La ville a constitué un centre artistique et littéraire privilégié pour l’expressionnisme, où s’est constitué à partir de 1924 un cercle réuni autour de la figure de René Magritte. Les musées d’Art moderne de la rue de la Régence et celui d’Ixelles abrite de remarquables exemples d’un mouvement qui ne s’est que peu inspiré de Bruxelles, mis à part dans le cas de Paul Delvaux, attaché au quartier de Wartermael-Boitsfort. Finir sa journée dans l’un des nombreux estaminets de la ville est le dernier passage obligé de votre périple bruxellois, où vous retrouverez les surréalistes à la Fleur en papier doré. Pour les admirateurs de Brel, l’adresse à privilégier est plutôt le Goupil le Fol, où vous l’entendrez peut-être évoquer les pavés de la place Sainte-Catherine ou les lampions de la place Sainte-Justine.


RÉALITÉ PARALLÈLE

brusels-les-cités-obscuresChez les auteurs de bande-dessinée Benoît Peeters et François Schuiten, la réalité sort bien souvent des cases. Au sein de leur cycle tentaculaire des Cités Obscures, les villes ont le rôle principal, et constituent des entités rêvées à l’architecture inspirée des visions utopistes du passé, comme celles de Jules Verne ou Albert Robida. La ville de « Brüsel » y est la plus vaste du monde, et constitue le cadre d’un album éponyme, où l’on découvre le Palais des Trois Pouvoirs, réplique quasi-exacte du Palais de Justice de Bruxelles, ou encore la Porte de Hal, station de métro bruxelloise, l’un des passages entre les villes de notre réalité et celle des Cités Obscures, ou le Temple des Augustins, inspiré par l’Église de la Sainte Trinité située rue Saint-Gilles. François Schuiten, bruxellois et fils d’architecte, a d’ailleurs scénarisé la station Arts et Métiers à Paris, et a participé à la réhabilitation de la Maison Autrique à Bruxelles, créée par Victor Horta, avec son complice Benoît Peeters. On peut l’observer sous toutes les coutures dans l’album La Théorie du grain de sable. Le dessinateur a également imaginé le tout nouveau Musée du train du quartier de Schaerbeek.
Les références à la ville natale de François Schuiten sont innombrables au sein des Cités Obscures. Parcourir les quelque 23 albums de ce cycle légendaire de la bande-dessinée franco-belge constitue une immense exploration alternative de la capitale belge, et d’autres villes comme Paris (alias Pâhry), cadre de la nouvelle série du duo baptisée Revoir Paris.


S’Y RENDRE, S’Y DÉPLACER

Depuis Metz, le trajet en voiture dure 3h30. Vous pouvez aussi emprunter l’Eurocity, qui vous mène jusqu’à la gare du Midi en un peu plus de quatre heures. Vous y serez accueilli par une fresque de Tintin tirée de Tintin en Amérique.
Les services de bus, métro et tramway utilisent un ticket unique au prix de deux euros. Un pass de 10 voyages peut être validé par deux voyageurs.
Pensez également à utiliser le service de vélo en libre-service, le Villo ! pour découvrir la ville à rythme doux.