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Il y a un an dans le village de Praye, en Meurthe-et-Moselle, Alexandre Janiaud a installé sa « fabrique autonome de petits plaisirs simples ». Ma Bonne Étoile, qui accueille expositions, concerts et brocante, est la concrétisation d’un idéal : partager la culture et susciter les rencontres.

C’est au pied de la colline de Sion-Vaudémont, à quelques kilomètres de la frontière vosgienne, que se nichent les locaux de Ma Bonne Étoile. Son nom est une référence aux fossiles marins que l’on trouve autour de ce promontoire rocheux dominé par la Basilique Notre-Dame-de-Sion et son imposante statue de la Vierge culminant à presque 600 mètres. Mais ce n’est pas la grâce divine qui a touché Alexandre Janiaud, organisateur de spectacles expérimenté, plutôt une envie de concrétiser dans un endroit bien à lui des valeurs de partage et de promotion des artistes. « Je suis venu ici surtout car une opportunité s’est présentée, explique l’ex-nancéien installé aujourd’hui dans le village. Mais c’est vrai qu’en ville, ça n’aurait pas marché, les relations de proximité ne sont pas les mêmes. Il y a beaucoup d’énergies en ruralité, une vraie demande, il faut juste un catalyseur ».

À l’intérieur des bâtiments de 1 000 m², on trouve de tout ou presque : une brocante permanente, des expositions en tous genres ponctuées de concerts mais aussi des artistes au travail comme Dominique Kestler alias « Dom Dom Fer tordu » qui réside à quelques kilomètres de là. Cet artisan métallier avait besoin de beaucoup de place pour travailler : Alexandre la lui a offert, comme à l’ébéniste Marine Antoine ou au musicien Maxime Tisserand. « On est quasiment devenus une équipe, parfois on travaille ensemble » raconte Alexandre. À son arrivée à Praye, la méfiance dominait au sein de la paisible commune de 250 habitants. Mais le sens du contact d’Alexandre et quelques principes ont fini par convaincre : à Ma Bonne Étoile, l’alcool est « banni », les soirées commencent et finissent tôt, les temps forts sont plutôt les dimanche après-midi. « Ce n’est pas un lieu de fête mais une sorte de plate-forme que chacun peut s’approprier, précise Alexandre. Je veille toujours à soigner l’accueil des visiteurs comme les artistes, qui sont toujours rémunérés et reçus dans les meilleures conditions possibles ». Lieu hybride en transformation permanente, Ma Bonne Étoile ouvre aussi ses portes à des cours de Pilates et aux associations du territoire, qui pourront bientôt profiter d’espaces de réunion.

Depuis sa création il y a un an, Ma Bonne Étoile a proposé une quinzaine d’expositions, concerts solo et conférences qui ont attiré 1 500 personnes. L’entrée est toujours gratuite, tout comme l’accueil des résidents. Ce sont les bénéfices de la société d’Alexandre, Getsmall production, consacrée essentiellement à la diffusion de supports d’information, qui financent Ma Bonne Étoile, qui ne bénéficie ni ne réclame aucune subvention. Une autonomie mise à mal par la fermeture des structures culturelles, clientes importantes de Getsmall production, durant le printemps. Aujourd’hui l’activité reprend en même temps que la réouverture du lieu avec une exposition dès le 2 août, et des animations chaque dimanche du mois. Alexandre espère pouvoir continuer, dans les mois à venir, à apporter au territoire la convivialité et la qualité de la programmation de Ma Bonne Étoile. « Ici, les gens ne demandent rien de mieux que de ne pas rester devant leur télévision, assure-t-il. Mon objectif n’est pas de m’enrichir mais plutôt de créer des contacts et des échanges : c’est ce qui me nourrit ». Ma Bonne Étoile est portée par un idéaliste qui s’est donné les moyens de concrétiser sa vision d’une culture de proximité indépendante et ouverte. Une rareté dans le paysage culturel lorrain.     

Réouverture à partir du 2 août
Exposition et animations chaque dimanche
www.mbe-praye.com