La 3ème agglomération du Portugal n’a pas volé son surnom de « ville des Archevêques » . Si la religion demeure très présente, cette cité chargée d’histoire révèle aussi un visage jeune et dynamique. C’est tout le paradoxe de cette Rome portugaise où le sacré côtoie la beauté, et la tradition la modernité.

Difficile de faire l’impasse sur la religion à Braga. Fondée il y a plus de 2 000 ans, l’ancienne Bracara Augusta (en hommage à l’empereur romain Auguste), la ville aux mœurs conservatrices est connue pour sa forte densité de monuments historiques et d’édifices religieux. Dans ce domaine, le plus illustre d’entre eux demeure la cathédrale (la Sé), la plus ancienne du pays. Érigée au 12e siècle, elle fut à l’époque la grande rivale de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Si la façade peut paraître austère, l’intérieur se montre plus chaleureux. Le mont Sameiro (dédié à la Vierge Marie), un des deux sanctuaires répertoriés avec celui du Bon Jésus (lire autre texte), mérite aussi une escapade, d’autant qu’il promet une vue magnifique sur la ville et ses alentours.

Cité de taille moyenne (180 000 âmes), Braga se visite très bien à pied. Son centre-ville est propice aux promenades avec ses ruelles permettant de bien profiter de la douceur locale. Dans ce secteur, quelques cafés méritent une attention particulière. A Brasileira est un des plus emblématiques, mais aussi un des plus beaux, en raison de son style Art déco. Ajoutons un des plus anciens, lui qui fêtera ses 117 printemps l’an prochain. Le Vianna, blotti dans le bâtiment des Arcades place de la République, est une autre adresse bien connue. Pour la petite histoire, il a servi de base arrière aux membres des forces républicaines espagnoles pendant la guerre civile qui a secoué ce pays entre 1936 et 1939.

Flâner dans le cœur historique, c’est aussi découvrir le Théâtre Circo, ouvert en 1915. Sa grande salle, d’une capacité de 1 500 places, constitue un des joyaux du patrimoine portugais. Pour une halte ou une balade en amoureux, on ne peut que conseiller le jardin Santa-Barbara, sans doute le site le plus romantique et le plus photographié de Braga. Le musée archéologique Dom Diogo de Souza est aussi un incontournable dans cette ville riche en vestiges de l’époque romaine, de même que la fontaine de l’Idole, datant du 1er siècle, très caractéristique de cet illustre passé.

Au chapitre des lieux insolites, il faut citer le stade AXA, occupé par le club de football local (SC Braga). Construite pour l’Euro 2004, cette enceinte de 30 000 places, intégrée dans une ancienne carrière, a pour particularité de ne posséder que deux tribunes latérales. Primée à plusieurs reprises, cette construction originale et hors norme offre un joli panorama sur la vallée environnante.

Si Braga fait partie des doyennes du Portugal, elle n’est pas ennuyeuse et endormie pour autant, démontrant au contraire un caractère jeune et moderne. La présence d’une importante université (du Minho), forte de 17 000 étudiants, explique en partie son dynamisme, notamment à la nuit tombée. Ce ne sont ni les bars – comme le récent Sé La Vie, que les amateurs de musique connaissent bien – ni les restaurants qui manquent pour s’amuser et humer l’ambiance typique de l’ancienne capitale européenne de la jeunesse (2012). La coopérative indépendante Velha-a-Branca, installée dans un bâtiment historique au centre-ville, témoigne de cette vitalité culturelle et artistique à travers différents événements. Le symbole aussi d’une ville tournée vers son avenir.


UN BALCON SUR BRAGA

Bom-Jesus-do-Monte (© DR)On ne sera pas surpris d’apprendre que dans une ville au patrimoine religieux si important, le monument le plus célèbre est un lieu de pèlerinage. De quoi parle-t-on ? Du Sanctuaire du Bon Jésus du Mont (Bom Jesus do Monte en portugais), doté d’un escalier démesuré qui franchit 17 paliers (et un dénivelé de 116 m) avant d’aboutir à une église de style néoclassique. Pour ceux que la montée (ou l’effort) rebute, il existe une solution de rechange : le funiculaire. Si vous l’empruntez, vous pourrez dire à vos amis que vous êtes monté à bord du plus ancien funiculaire au monde (1882) utilisant un système de contrepoids d’eau.

Trois sections composent cette construction emblématique. La première – escalier du portique – serpente à travers le parc du Bon Jésus, un site entièrement boisé qui fait autant le bonheur des habitants que des pèlerins et des touristes, ravis de pouvoir se détendre dans ce cadre verdoyant constitué de grottes et de jardins. Le second, celui des 5 sens, dévoile à chacun de ses étages une fontaine en rapport avec cette thématique (ça commence avec la vision), tandis que le troisième, consacré aux vertus, est lui aussi constitué de fontaines, qui symbolisent l’espoir, la foi et la charité.

Ce sanctuaire tout indiqué pour les mollets est par ailleurs jalonné de chapelles qui marquent les différentes stations du chemin de croix. Il n’est bien sûr pas interdit de se reposer un peu pendant cette ascension, histoire de profiter de la vue imprenable offerte par ce havre de paix.