6ème ÉDITION DU FESTIVAL COURT TOUJOURS DU 18 AU 20 SEPTEMBRE 2015 AU NEST

Du graffiti à la scène : si Vincent Glowinski investit le champ de la danse avec Human brush, il ne s’agit pour l’artiste que d’un prolongement de sa pratique, l’usage d’un médium nouveau pour tracer les images de son esprit.
Human-brush-(©Guy-Kokken)

À la croisée de la danse et du dessin, Human brush est un projet en évolution constante (©Guy-Kokken)

Il se surnommait Bonom et marquait les murs de la ville de mystérieuses fresques monumentales, souvent des figures animales ou insectoïdes, dont il décomposait les mouvements le long des voies ferrées : du point de vue du voyageur, elles prenaient vie. Avec ses projets Méduses aux côtés de la compagnie Ultima Vez, puis Human brush, Vincent Glowinski s’est confronté à un autre type de spectateur. « Dans le graffiti, j’étais absent, la danse m’a apporté un face-à-face avec le public, un rapport excitant, même si cet univers m’intimidait terriblement » raconte-t-il.

Un dispositif, créé par Jean-François Roversi, permet, grâce à une caméra surplombant le danseur, de capter et retranscrire ses mouvements sur le mur. C’est ainsi que le corps du danseur devient pinceau : de formes abstraites émergent un reptile, un squelette, images étranges, envoûtantes, saisissantes. « C’est une continuité de mon travail sur des espaces monumentaux, où je n’avais aucun recul pour dessiner, explique le graffeur-danseur. Ici aussi, je dois reproduire un chemin mental : je mémorise beaucoup d’images pour y parvenir. Au final, je les ai dans ma tête, dans mon corps ».

Fasciné par les animaux aquatiques et leur structure, sans pouvoir expliquer l’attrait qu’ils exercent sur lui, Vincent Glowinski se voit toujours comme un dessinateur plutôt qu’un danseur. « Mes mouvements sont plus bruts, ils ont davantage à voir avec ceux d’un sportif, car ils ont un but, celui de tracer un dessin, analyse-t-il. C’est ma danse à moi ». Les formes qui apparaissent lors de Human brush, projet en évolution constante, changent régulièrement. Effacées puis recommencées ailleurs, comme la peinture sur les murs de la cité.

Samedi 19 septembre à 17h30
Grande salle du Théâtre de Thionville
www.vincentglowinski.com