Le félin détective revient dans Alors, tout tombe,  sixième volet des aventures de Blacksad, dont le premier tome nous plonge dans une sordide histoire d’enjeux immobiliers et de chantage.

John Blacksad continue d’arpenter l’Amérique des bas-fonds jusqu’à ses hauteurs. La métaphore n’aura jamais été aussi juste que dans Alors, tout tombe, où l’on navigue entre les tunnels du métro et les ponts suspendus de New York : ouvriers et clochards d’un côté, politiciens et architectes mégalomanes de l’autre. La nouvelle affaire de John Blacksad l’amène à protéger le président d’un syndicat d’ouvriers contre les sbires de Solomon, l’ambitieux rapace qui veut moderniser la ville aux dépens des plus modestes.

La ville, lieu d’effervescence mais aussi creuset d’inégalités, est donc au cœur de cette aventure. En somme, une autre facette du cauchemar made in USA après les casinos de Las Vegas et le nucléaire dans Âme rouge et le suprémacisme blanc dans Arctic-nation. Mais les albums de Blacksad s’attachent également à dépeindre des éléments plus romantiques de la culture américaine, comme la Nouvelle-Orléans, le jazz et la beat generation dans Amarillo et L’Enfer, le silence. Dans Alors, tout tombe, le détective et son comparse reporter Weekly côtoieront aussi le petit monde du théâtre alternatif et du journalisme d’investigation. On admire le sens du récit parfaitement huilé de Canales et la finesse du dessin de Guarnido. Leur galerie de personnages est toujours aussi réussie : sous des traits anthropomorphiques, leur expressivité, leur personnalité s’en trouvent renforcées. Un bestiaire qui s’engage à nouveau dans une lutte tout ce qu’il y a de plus humaine : celle du bien contre le mal.

Blacksad T.6 : Alors, tout tombe, première partie
de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido
Éd. Dargaud
www.dargaud.com