C’est, aux yeux de certains, le chef d’œuvre de la filmographie de Clint Eastwood. En bon fanatique de jazz, l’acteur et cinéaste s’est attaqué à une légende du jazz avec ce Bird témoignant d’une grande maîtrise de la mise en scène. Le saxophoniste alto Charlie Parker est au cœur de ce film, considéré comme une des références en matière de biopic. Clint Eastwood n’hésite pas à brosser la part sombre d’un génie de la musique prématurément disparu, à même pas 35 ans, terrassé par l’alcool et la drogue. La noirceur du personnage se confronte ici à la lumière de sa musique, qui sert de socle à cette œuvre d’une chronologie complexe, Eastwood ayant préféré mettre en lumière quelques moments clés de la fulgurante carrière de Charlie Parker. Le réalisateur a aussi fait le choix de conserver les enregistrements originaux du jazzman, mais d’effacer ceux de ses complices Miles Davis et Dizzy Gillespie, remplacés sur la trame sonore par des musiciens très en vue durant les années 80. Une véritable trahison pour les puristes de la note bleue.