Le gouvernement wallon a adopté, fin avril, un code du bien-être animal. Il doit encore être soumis au conseil d’état, mais les 14 mesures annoncées amorcent une nette rupture avec l’ancienne législation.

L’animal est désormais considéré comme un être sensible, doué d’une émotion et d’un certain niveau de conscience. Conséquences : fini les poules en cages, les chevaux et les poneys considérés comme des attractions aux fêtes foraines et autres kermesses. Les animaux (autres que domestiques) ne travailleront plus dans les cirques. Dans les abattoirs, la loi impose l’installation de caméras de surveillance afin de veiller au respect du bien-être animal qui ne pourra être mis à mort qu’après anesthésie ou étourdissement. Et dans les laboratoires, les expériences sur les animaux, du moins en ce qui concerne les cosmétiques, les détergents ou encore les produits du tabac, sont supprimées. Seules les expériences concernant la santé humaine ou animale resteront autorisées. Un permis va même devenir nécessaire pour posséder un animal. Certes, il sera accordé de façon automatique et sans formalités, mais cela permettra d’identifier et de répertorier les personnes fichées pour maltraitance envers un animal afin de les empêcher d’en acquérir à nouveau. Tout cela s’accompagne également d’une note salée pour qui dépasserait les bornes : le caractère criminel de la maltraitance animale sera reconnu et pourra donc être accompagné d’une peine de prison ou d’une amende allant de 50 000 à 10 millions d’euros. Les associations de défense de la cause animale ont salué ces nouvelles dispositions. Un regret néanmoins. « Le gouvernement n’a pu s’entendre au sujet de l’éventualité d’éliminer la méthode cruelle qu’est le gavage dans la production de foie gras mais l’espoir subsiste car un amendement en commission environnement reste une ouverture crédible en faveur de la suppression du gavage », souligne l’association GAIA.