Accueillant des milliers d’artistes venus du monde entier, Berlin est une capitale pop, alternative, underground… De quoi ravir les amateurs d’art contemporain pour ne pas dire futuriste. Une modernité qui ne date pas d’hier…
berlin-Galeries-Lafayette-(©DR)

Les Galeries Lafayette dont l’architecture a été confiée à l’architecte français Jean Nouvel (©DR)

Même si beaucoup en sont « revenus », la ville de Berlin continue d’attirer des artistes du monde entier, attirés par le coût de la vie plus modéré que dans bon nombre de capitales européennes, séduits aussi par l’effervescence artistique et culturelle dont jouit la cité. « Pauvre mais sexy » pour reprendre le slogan du maire de la ville. Accessibles au public, bon nombre d’ateliers, de galeries et de petites salles de concert permettent de s’imprégner de la création d’aujourd’hui. À noter d’ailleurs que de nombreux écrivains français ont choisi de s’installer à Berlin. C’est notamment le cas du Lorrain Fabrice Gabriel, qui dirige l’Institut français de Berlin.

Berlin et l’art entretiennent des relations depuis un bail. Berlin s’est notamment illustrée au XIXème siècle avec ses nombreux artistes liés à l’Expressionnisme, nés ou passés par Berlin : l’écrivain Bertold Brecht, le peintre Georg Grosz, l’architecte Walter Gropius, fondateur du Bauhaus, un courant qui a influencé l’architecture moderne dans le monde entier, entre les deux guerres ou bien encore les cinéastes Fritz Lang et Ernst Lubitsch. Berlin a également vu naitre la star Marlène Dietrich en 1901. Plus tard, Berlin bénéficie d’autres ambassadeurs, dans des genres très différents, comme Nina Hagen, Anne Franck, le photographe Helmut Newton ou bien encore Nico la chanteuse du Velvet Underground qui a vécu à Berlin et y est enterrée (cimetière de Grunewald-Forst)

Hétéroclite Berlin ? Pop, underground, alternative… ? Assurément. Et la ville ne manque de lieux permettant de s’imprégner de cette créativité débridée. Les quartiers Neukölln ou Kreuzberg en donnent un bel aperçu. Mais pour mêler les genres (le neuf y côtoie volontiers l’ancien) on peut, de plus, aussi aller déjeuner au Keller Brecht. Situé au sous-sol de la maison ou vécut (et travailla) l’écrivain Bertolt Brecht, dans les années 1950. Le mobilier du restaurant est celui utilisé, après la seconde guerre mondiale par le célèbre dramaturge, dans son théâtre, le Berliner Ensemble, tout proche. Pour découvrir l’architecture Bauhaus, les bâtiments ne manquent pas, à commencer par le Bauhaus-Archiv Museum (dont il faut pousser la porte ! ) et la AEG-Turbinenfabrik, par exemple. Le Museum für Film und Fernsehen, situé à proximité de la place Marlène Dietrich où se déroule chaque février le Festival International du Film de Berlin, invite quant à lui à un voyage à travers les grandes étapes du cinéma allemand. On y trouve notamment les chefs d’œuvre classiques de l’expressionnisme allemand comme Le Cabinet du Dr Cagliari et Metropolis de Fritz Lang. Il est également possible (en partie en tout cas, car les lieux de tournage ne sont pas accessibles) de découvrir le fameux studio de Babelsberg qui est considéré comme étant le plus vieux du monde. C’est le temple d’or du cinéma muet et de l’expressionnisme allemand. Fritz Lang, Ludwig Berger, Ernst Lubitsch y ont tourné quelques-uns de leurs films. Les nazis y tourneront aussi leurs films de propagande. Le studio qui est toujours en activité, est situé à une vingtaine de kilomètres de Berlin.

Cela dit pour renouer avec un cinéma plus contemporain, on peut aussi se repasser Les Ailes du Désir de Wim Wenders (Der Himmel über Berlin, en VO) ou emprunter la Friedrichstrasse pour rejoindre l’ancien point de contrôle « Checkpoint Charlie » qui en inspira plus d’un. L’occasion de découvrir aussi les Galeries Lafayette, dont l’architecture a été confiée à un autre architecte de renom, Jean Nouvel. Mais on s’égare… Ce que Berlin encourage assurément car ça… bouge.

S’y rendre, s’y déplacer

Il est très facile de se rendre à Berlin. Des vols quotidiens sont assurés depuis Luxembourg, notamment, à petit prix pour peu que l’on s’y prenne à l’avance. Le temps de vol est d’environ 1h30. Au cœur de la ville, il est facile de se déplacer en bus, en train ou bien encore en vélo. Il y a 7 000 taxis à Berlin et les stations ne manquent pas. Pour effectuer une course distance, il est possible de héler un taxi dans la rue.


L’ANGE BLEU

berlin-marlene-dietrich-(©-Schoen-Allee-123-RF)

Marlène Dietrich a débuté sa carrière à Berlin (© Schoen Allee 123 RF)

Née le 27 décembre 1901, à Berlin, Marlène Dietrich y a débuté sa carrière. À l’âge de 21 ans, elle se voit confier quelques petits rôles au théâtre et au cinéma. Quelques années, plus tard, elle entame également une carrière dans la chanson. Tourné à Berlin par Josef von Sternberg, en 1930, L’Ange Bleu, qui est considéré comme étant le premier film allemand parlant, connaîtra un grand succès et lui ouvrira les portes des studios américains. Ses relations avec son pays natal n’ont pas toujours été simples (farouchement « anti-nazi », elle prend la nationalité américaine à l’âge de 36 ans). Marlène Dietrich qui est décédée en 1992, à Paris, est enterrée dans la capitale allemande, au cimetière de Schöneberg. C’est également là que se trouve la tombe de Helmut Newton.