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Avec près de 40 000 cas et 5 680 décès au 19 avril, la Belgique fait partie des pays fortement touchés par le Covid-19. Mais il importe de relativiser.

Le nombre de décès rapporté à la population est l’un des plus hauts du monde. Il y a plus de morts du Covid-19 en Belgique qui compte 11,5 millions d’habitant qu’en Allemagne qui en a 83 millions. Cela dit les comparaisons entre les pays sont à prendre avec des pincettes puisque tous ne comptent pas de la même manière. La Belgique est peut-être tout simplement plus proche de la réalité car tous les décès liés aux virus sont comptabilisés pas uniquement ceux enregistrés dans les hôpitaux. Les décès dans les maisons de retraite, par exemple, entrent dans les calculs, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs. Mais si le pays est durement frappé, c’est qu’il a aussi tardé à prendre des mesures fortes à l’échelon nationale, notamment car il a fallu que tout le monde se mette d’accord, tout particulièrement les différents ministres de la Santé (à l’échelon fédéral, régional communautaire). Maggie De Block, la ministre fédérale de la santé, une libérale flamande, a eu tendance à minimiser la situation et les risques de propagation. Ce n’est qu’à la mi-mars que les Belges ont été confinés et ils le resteront jusqu’au 3 mai, au minimum. À cette date pourrait débuter un déconfinement très progressif a indiqué Sophie Wilmès Première ministre. Tout au long du mois d’avril les écoles comme les professionnels de l’HoReCa resteront également fermés. Depuis le 20 avril, quelques aménagements ont été apportés dans le confinement. Par exemple, les magasins de bricolage, les pépinières et les jardineries ont pu rouvrir leurs ports, la majorité des ventes des pépinières se faisant avant l’arrivée de l’été. Les résidents vivant en maisons de repos ou dans des centres pour personnes handicapées peuvent également à nouveau recevoir des visites d’un proche mais dans le cadre de règles très strictes. En ce qui concerne les masques (qui manquent), le port du masque en tissu par la population fera partie de la stratégie de déconfinement. Il ne sera pas imposé, mais « conseillé », notamment lorsque les distances de sécurité peuvent difficilement être respectées comme dans les commerces ou les transports en commun. Un mot sur l’économie, alors que bon nombre de pays d’Europe évoque le pire, les experts belges se montrent moins alarmistes. Certes la croissance du pays va connaitre un gros gadin mais elle pourrait rebondir très fortement, dès 2021, pour renouer avec la croissance prévue avant la pandémie souligne la Banque nationale de Belgique (BNB) et le Bureau fédéral du Plan (BfP) dans une étude prospective. Cela dit, les mois à venir s’annoncent très difficiles pour l’entreprise et l’emploi.