© Droits réservés

Moins touristique qu’Ajaccio, Bastia ne manque pas de charme. De ses oratoires baroques en passant par ses églises majestueuses, son vieux port et sa citadelle, la deuxième ville de Corse est une destination parfaite pour prendre du bon temps dans un mélange d’art et d’histoire.

Bastia, c’est d’abord l’histoire d’une esplanade immense, une des plus grandes de France. Avec ses 300 mètres de long pour 90 de large, la place Saint-Nicolas est devenue un lieu de rassemblement où les animations se succèdent à longueur d’année, comme le Salon du chocolat, qui attire des milliers de visiteurs au mois d’octobre. Mais la 2e ville de Corse (environ 45 000 âmes) ne se limite pas à cet épicentre de la vie locale où trône une statue de Napoléon, bordé de palmiers centenaires, de bars et de restaurants.

Si la cité maritime, fondée en 1383, s’avère moins touristique que la capitale Ajaccio, les raisons de s’y arrêter sont nombreuses. Son patrimoine religieux, remarquable, en est une, à l’image des oratoires (de la confrérie Saint-Roch et de l’Immaculée Conception) que l’on découvre en arpentant la rue Napoléon. Cette artère entièrement piétonne, inaugurée en 2013, donne accès au plus vieux quartier de la ville (Terra Vecchia), véritable condensé d’authenticité avec ses ruelles étroites, son linge accroché aux vieilles fenêtres, sa place du Marché (alléchant prétexte pour découvrir les produits régionaux) et son église Saint-Jean-Baptiste, construite au 17e siècle, reconnaissable à ses deux clochers et qui peut se targuer d’être la plus grande de l’île de Beauté. La chapelle de Notre Dame de Monserrato fait aussi partie des trésors locaux. Et pour cause puisque cet édifice situé sur les hauteurs de Bastia recèle l’un des 10 escaliers saints (Scala Santa) répertoriés dans le monde, gracieuseté du pape Pie VII aux habitants, que des fidèles gravissent à genoux pour être lavés de leurs péchés.

Qui dit Bastia dit forcément citadelle, un quartier à part entière – Terra Nova – aussi coloré que pittoresque, auquel on accède (côté nord) par l’imposante porte Louis XVI, arborant un style néoclassique. Construite en 1380 sur un promontoire rocheux par un gouverneur génois, cette attraction phare de la Corse abrite notamment la cathédrale Sainte-Marie et l’oratoire (un autre) de la confrérie de Sainte-Croix, un modèle de style rococo où l’on peut observer un Christ noir, retrouvé en mer, selon la légende, par deux pêcheurs en 1428. Parmi les autres curiosités, on peut citer le village miniature aménagé dans une ancienne poudrière, une reproduction fidèle d’un village corse avec moulin, bergerie, four, torrent… et même l’église avec le son des cloches ! Il faut également faire une halte au palais des Gouverneurs, qui agrippe le regard avec sa façade ocre. On y trouve le Musée d’histoire de Bastia, consacré à la ville et à la Corse en général. Un incontournable !

Qui dit Bastia dit également vieux port. La balade est une évidence dans ce lieu où l’on peut observer les bateaux de plaisance à la terrasse d’un restaurant. Balade toujours dans le magnifique jardin Romieu, un havre de verdure réputé pour son monumental escalier aux courbes harmonieuses et ses vues panoramiques. On pourra aussi se rendre dans le village de Cardo, un bel exemple de l’habitat traditionnel corse, avec là encore de jolis paysages à savourer. C’est aussi de cet endroit que débute le sentier des Glacières, juste après l’église. Cette courte randonnée (moins de 3h aller-retour) conduit à de très vieux bâtiments en pierre autrefois utilisés pour conserver la glace. Autre suggestion de sortie : l’ancien sentier muletier de Toga à Alzeto, avec, si le temps le permet, la possibilité d’apercevoir les îles toscanes Capraia, Montecristo et l’île d’Elbe.


La Corse à travers 31 de ses figures

Sorti à la mi-octobre aux Editions Maïa, le dernier ouvrage de Thierry Ottaviani, intitulé Ces Corses qui ont fait la Corse, est au cœur d’une exposition à découvrir à la galerie Noir et Blanc de Bastia. Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l’île de Beauté (La Corse pour les nuls notamment), ce Bastiais d’origine résidant à Paris dresse le portrait de 31 personnages (tous morts) qui ont marqué son histoire et contribué, pour certains d’entre eux, à son rayonnement international. Le plus illustre d’entre eux, Napoléon, retrouve sa mère Letizia Bonaparte dans cet ouvrage illustré par Philippe Lorin. Accordant la même place à chacune des figures qu’il met en lumière, le romancier et essayiste nous invite dans un voyage débutant au 14e siècle avec Sambucuccio d’Alando, « qui s’est révolté contre les seigneurs », pour s’achever avec Edmond Simeoni, père du nationalisme corse. On y croise aussi Louis Capazza, le premier à avoir traversé la Méditerranée en ballon, ainsi qu’Angelo Mariani, dont le célèbre vin est souvent décrit comme l’ancêtre du Coca-Cola. Sans oublier l’icône politique Pascal Paoli, fondateur de la première Constitution de Corse, en 1755. Les femmes sont aussi à l’honneur, dont l’inoubliable Colomba, qui deviendra une figure marquante de la littérature française sous la plume de Prosper Mérimée.

Exposition sur les Corses qui ont fait la Corse, du 3 au 15 décembre à la galerie Noir et Blanc de Bastia