Cela ne s’est pas joué à grand-chose, mais l’extrême droite autrichienne n’a pas remporté les présidentielles. Elle n’est pas assommée pour autant. Les législatives programmées pour 2018 sont dans son viseur. 

Le parti d’extrême droite était arrivé largement en tête à l’issue du premier tour des élections présidentielles en Autriche. Norbert Hofer, le représentant du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ) avait recueilli 36,4% des votes, loin devant le candidat écologiste Alexander Van der Bellen qui avait obtenu 20,4% des suffrages. Les deux hommes étaient donc face à face au second tour. Exit, Andreas Khol du Parti Populaire et Rudolf Hundstorfer, le représentant du Parti social-démocrate, les deux partis qui se partageaient le pouvoir depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C’est dire si l’Europe avait les yeux rivés sur l’Autriche lors du second tour programmé le 23 mai dernier, tant le scrutin s’annonçait indécis. Il l’a été puisque le candidat écologiste l’a finalement emporté d’un cheveu avec 50,3% des votes contre 49,7% pour Hofer. Les Autrichiens ont finalement dit non à l’extrême droite. Mais cela s’est joué à rien et pas sûr que les Écologistes, compte tenu de la division du pays et de l’importance du fossé qui sépare désormais la population en termes de valeurs et de convictions, aient les coudées suffisamment franches pour convaincre de nouveaux électeurs que les alternatives au populisme, ont un avenir. D’autant plus compliqué, qu’ils ne disposent pas non plus de temps. Les prochaines législatives sont programmées en 2018. S’il a beaucoup été question de l’Autriche ces dernières semaines, les idées « de la droite extrême » séduisent de plus en plus de citoyens à travers toute l’Europe. C’est le cas en France, comme l’ont confirmé les scores réalisés par le Front National lors des régionales, mais également en Allemagne, en Finlande, en Italie, en Pologne, au Pays-Bas, en Hongrie…